Le paysage de la mode en Algérie pourrait connaître un nouveau tournant.
Alors que plusieurs enseignes internationales ont été confrontées ces dernières années à des perturbations dans leur présence locale, de nouvelles marques étrangères s’apprêtent à investir le marché algérien.
Le ministre du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, Kamel Rezig, a annoncé leur arrivée prochaine, sans toutefois dévoiler leurs noms.
En effet, l’annonce intervient dans un contexte particulier pour le secteur. La prétendue fermeture des boutiques de plusieurs enseignes du groupe espagnol Inditex, dont Zara avait suscité de nombreuses interrogations en Algérie. En décembre 2024, Inditex avait confirmé à Reuters la fermeture temporaire de magasins exploités en franchise dans le pays, tout en indiquant ne pas envisager un retrait du marché algérien.
Depuis, la question de l’avenir des grandes enseignes internationales en Algérie continue d’alimenter les spéculations. Mais l’annonce faite ce mardi par Kamel Rezig semble surtout confirmer une autre tendance : le marché algérien reste convoité, à condition pour les marques étrangères de s’inscrire davantage dans une logique de production locale.
Des noms encore gardés secrets
Réuni mardi avec des opérateurs économiques représentant des marques internationales de l’habillement et de la chaussure, Kamel Rezig a annoncé l’arrivée de « nouvelles marques mondiales » dans les prochaines semaines.
Une précision retient particulièrement l’attention : ces futures enseignes devraient, pour certaines, localiser une partie de leur production en Algérie. Le ministère ne fournit cependant aucun nom et ne précise ni leur pays d’origine, ni leur positionnement commercial, ni le nombre de magasins envisagés.
Il est donc encore impossible d’affirmer que Zara, Mango, H&M, Uniqlo ou une autre grande enseigne connue figure parmi ces nouveaux entrants. Les marques citées ces derniers mois dans le cadre de la production locale ne constituent pas non plus nécessairement les enseignes annoncées cette semaine.
Un marché qui ne veut plus seulement importer
Le changement est surtout stratégique. L’Algérie cherche désormais à attirer des marques internationales capables de produire une partie de leurs articles localement, plutôt que de se limiter à importer des produits finis.
Cette orientation était déjà visible lors du salon « Made in DZ », organisé en janvier 2026 à Alger. Une vingtaine de marques internationales y avaient été mises en avant pour leurs activités de production locale, notamment Mango, Lacoste, Levi’s, Celio, DeFacto, Etam, Undiz et Kiabi dans l’habillement, ainsi que Decathlon, Skechers, Joma, Clarks et Palladium dans la chaussure.
Le cas de Skechers illustre cette nouvelle approche. Le distributeur Tradifoot avait annoncé en janvier un projet d’usine de chaussures en partenariat avec la marque américaine, avec une unité prévue à Baba Ali et une ambition tournée à la fois vers le marché algérien et l’export.
Le départ de certaines enseignes laisse-t-il un espace à prendre ?
C’est précisément là que l’annonce de Kamel Rezig prend une dimension commerciale. Les difficultés rencontrées par certaines franchises étrangères ont laissé des espaces dans plusieurs centres commerciaux et dans l’offre destinée aux consommateurs algériens.
Le véritable enjeu se situe plutôt dans la recomposition du marché : de nouvelles enseignes pourraient profiter de l’espace disponible, tandis que les marques déjà implantées sont encouragées à augmenter leur production locale.
Qui seront les nouveaux arrivants ?
Pour l’heure, le mystère reste entier. Le ministère du Commerce extérieur n’a pas communiqué la liste des enseignes concernées. Une chose est toutefois claire : les prochains entrants ne sont pas annoncés uniquement comme de simples distributeurs.
Selon le ministère, leur arrivée devrait s’accompagner d’une localisation partielle de la production, avec à la clé davantage de valeur ajoutée locale, le développement des capacités industrielles et une intégration accrue des entreprises algériennes dans les chaînes de valeur internationales.
L’identité de ces marques sera donc particulièrement scrutée dans les prochaines semaines. Car au-delà de l’ouverture de nouvelles boutiques, leur arrivée pourrait donner une nouvelle indication sur l’évolution du modèle algérien : moins de produits importés, davantage de production locale et, potentiellement, de nouvelles opportunités à l’export.
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