Souvent réputé et reconnu pour ses analyses pointues en ce qui concerne le domaine des hydrocarbures, Abdelmadjid Attar, l’ancien ministre de l’Energie, notamment sous le gouvernement d’Abdelaziz Djerad, vient de livrer sa vision et son analyse au sujet de ce que d’aucuns qualifient déjà de « choc pétrolier ».
Ainsi, Abdelmadjid Attar, dans un post publié sur sa page officielle, met en garde contre une crise énergétique d’ampleur, susceptible de bouleverser durablement les équilibres du marché mondial, le tout sur fond de contexte de tensions géopolitiques croissantes au Moyen-Orient.
Un trafic pétrolier fortement perturbé dans le détroit d’Hormuz
En effet, l’expert souligne que les signaux envoyés par les marchés pétroliers sont « particulièrement préoccupants ». Malgré les déclarations du président Donald Trump appelant à sécuriser le détroit d’Ormuz, les volumes d’exportations ne montrent aucun retour à la normale.
Pour M. Attaf, qui se réfère aux données relayées par OilPrice (17 mars 2026), la majorité des pétroliers franchissant ce passage stratégique seraient d’origine iranienne. Seuls cinq tankers non iraniens auraient réussi à contourner le blocus imposé par les Gardiens de la Révolution, dont trois à destination de l’Inde et deux vers le Pakistan.
Une chute brutale des exportations et des alternatives limitées
Dans ce contexte, Abdelmadjid Attar met en évidence une baisse spectaculaire des exportations de pétrole et de produits raffinés, passées de 25 à 9,7 millions de barils par jour en quelques jours seulement.
Par ailleurs, il insiste sur le caractère limité des alternatives. L’oléoduc Est-Ouest saoudien, bien qu’ayant acchydrru ses capacités vers la mer Rouge à environ 3 millions de barils par jour, reste loin des niveaux d’avant-brise. Quant au terminal émirati de Fujairah, il demeure contraint par une capacité réduite et semble paralysé après des frappes répétées.
Le risque d’un choc pétrolier historique
Dès lors, selon Abdelmadjid Attar, la perspective d’un tournant majeur du système énergétique mondial devient de plus en plus plausible. Si le conflit se prolonge, il pourrait déboucher sur un choc pétrolier historique.
En effet, le Moyen-Orient concentre près de 48 % des réserves pétrolières mondiales et 42 % des réserves gazières. Pour M. Attar, une « instabilité durable », conjuguée à la « militarisation des routes énergétiques », accentuerait fortement les tensions sur les marchés internationaux.
Vers une recomposition durable des équilibres énergétiques
Pour l’heure, Abdelmadjid Attar estime que la crise actuelle se traduit essentiellement par un choc d’offre, difficile à contenir malgré le recours aux stocks stratégiques.
À plus long terme, il anticipe des transformations structurelles profondes, dans la continuité de la recomposition des alliances énergétiques amorcée depuis guerre russo-ukrainienne.
Ainsi, à travers cette analyse, alerte sur un possible basculement durable du système énergétique mondial, marqué par une redéfinition des flux, des alliances et des rapports de force.
