Applicable dès le 1er juillet 2025, la révision tarifaire du géant français du transport maritime CMA CGM va alourdir significativement le coût des importations algériennes en provenance d’Asie.
Une décision qui menace directement les prix à la consommation et fragilise les réformes portuaires engagées par le gouvernement.
Une surcharge de haute saison en forte hausse sur les liaisons Asie-Méditerranée
En effet, le 10 juin dernier, la CMA CGM a officialisé une révision à la hausse de sa surcharge de haute saison (PSS – Peak Season Surcharge) sur l’ensemble des flux reliant les ports asiatiques à la Méditerranée. La progression atteint plus de 55 % sur tous les formats de conteneurs.
Concrètement, pour un conteneur sec ou réfrigéré de 20 pieds, la taxe additionnelle passe de 900 à 1 400 dollars. Pour les unités de 40 pieds, sèches ou frigorifiques, la surcharge bondit de 1 800 à 2 800 dollars — soit 1 000 dollars supplémentaires par boîte. La date de chargement dans les ports d’origine fera foi.
Ces nouveaux barèmes s’appliqueront, selon le groupe, « jusqu’à nouvel ordre », sans horizon de révision annoncé. Aucune catégorie de marchandise n’est épargnée : cargaisons sèches standards, unités hors gabarit (OOG), conteneurs réfrigérés et même conteneurs vides payants sont tous concernés.
Les importateurs algériens en première ligne
L’Algérie figure parmi les économies les plus exposées à cette décision. Ses approvisionnements dépendent massivement des marchés asiatiques, tant pour les biens de consommation courante que pour les matières premières industrielles.
La menace n’est pas seulement celle d’une surcharge isolée. CMA CGM a précisé que d’autres frais contractuels restent applicables en parallèle : ajustements liés au prix du carburant, frais de manutention portuaire (THC) à l’origine comme à destination, taxes de sûreté et de sécurité.
Pour les opérateurs économiques algériens, c’est cette accumulation de charges qui inquiète le plus. Contraints d’absorber ou de répercuter ces surcoûts, les importateurs pourraient alimenter une nouvelle vague inflationniste dans les mois à venir, touchant directement le pouvoir d’achat des ménages.
Un coup dur pour les réformes portuaires engagées
Cette annonce survient dans un contexte déjà tendu pour la logistique nationale. Depuis le début de l’année, le gouvernement algérien multiplie les chantiers pour fluidifier le passage des marchandises et réduire les coûts induits par l’engorgement des quais.
La stratégie de désengorgement portuaire, déployée sous l’impulsion du président de la République, M.Abdelmadjid Tebboune, vise précisément à briser le cycle des surestaries et des lenteurs administratives qui gonflent la facture du consommateur.
Cependant, une hausse aussi brutale du fret maritime risque d’annuler une partie des gains obtenus par ces réformes. Même un port mieux géré ne peut absorber seul un surcoût de 1 000 dollars par conteneur imposé en amont, dans les ports d’embarquement asiatiques. La question posée aux pouvoirs publics est désormais claire : quels mécanismes d’amortissement peuvent être activés pour protéger les opérateurs économiques et, en bout de chaîne, le consommateur algérien ?
