La visite historique du pape Léon XIV en Algérie a fait l’effet d’un électrochoc dans le débat franco-algérien.
Et c’est Ségolène Royal, présidente de l’association France-Algérie et ancienne candidate à l’Élysée, qui a saisi l’occasion pour délivrer un message à la fois lucide et sans détour, aussi bien à l’adresse de Paris que du monde entier.
« Merci au pape pour cette belle leçon d’histoire »
En effet, avant même l’atterrissage de Léon XIV sur le sol algérien, Ségolène Royal avait pris les devants en affirmant haut et fort que les chrétiens et leurs lieux de culte ne sont pas persécutés en Algérie, contredisant frontalement les récits distillés par certains médias français et relayés par des milieux ouvertement hostiles à l’Algérie. Mais c’est après la visite que sa prise de position a pris toute sa dimension. Saluant les déclarations du souverain pontife, qui a rendu hommage à la profondeur historique et civilisationnelle de l’Algérie (terre natale de saint Augustin), pilier du christianisme mondial. Ségolène Royal a déclaré sans ambages : « Je remercie le pape pour cette belle leçon d’histoire. »
Un camouflet pour l’extrême droite et ses thèses sur l’Algérie
Ces mots ne sont pas anodins, ils constituent une réponse directe aux propos tenus par certains milieux hostiles à l’Algérie en France, notamment l’ancien ambassadeur de France en Algérie, Xavier Deriencourt, qui avait affirmé que l’Algérie n’existait pas en tant que nation avant la colonisation française.
Or, la visite de Léon XIV — qui a parcouru le pays d’Alger à Annaba, de la Grande Mosquée au Sanctuaire des Martyrs, jusqu’aux vestiges de l’antique Hippone — est venue démontrer exactement le contraire : l’Algérie est une terre de civilisations multimillénaires, dont le rayonnement a traversé les continents et les siècles.
Pour Ségolène Royal, la contribution de saint Augustin à l’essor du christianisme catholique est, à elle seule, une preuve historique irréfutable que cette terre existait, vivait et pensait bien avant l’arrivée des colons.
Un appel solennel à l’État français
Ségolène Royal ne s’est pas arrêtée là. Elle a lancé un appel solennel à la France : que la hauteur de vue dont a fait preuve le chef du Vatican serve d’exemple à une prise de parole officielle de l’État français, et ce, avant qu’il ne soit trop tard. Une injonction claire, adressée à un exécutif français qu’elle juge jusqu’ici incapable d’assumer pleinement la réalité historique de la colonisation et ses conséquences sur les relations bilatérales.
Ségolène Royal, qui lors de ses précédentes visites en Algérie avait déployé tous ses efforts pour tisser des ponts entre les deux pays, reste convaincue que la normalisation des relations franco-algériennes passe impérativement par la reconnaissance mutuelle, le respect de la souveraineté et l’égalité entre les deux peuples.
La visite pontificale, un miroir tendu à la France
En définitive, la visite du pape Léon XIV en Algérie a mis en lumière, par contraste, les blocages persistants qui enveniment les relations entre Paris et Alger.
Là où le Vatican a choisi la sagesse, le dialogue et la vérité historique, la France peine encore à trouver les mots justes. Dans ce contexte de crispation entre les deux rives de la Méditerranée, les voix de Ségolène Royal et d’autres personnalités françaises progressistes résonnent comme un appel urgent au sursaut — au nom des deux peuples qui, par-delà les blessures de l’histoire, ont tout à gagner à se retrouver dans le respect et la dignité.
