Dans le cadre des consultations périodiques avec l’Algérie, une délégation du Fonds monétaire international (FMI) a été reçue à Alger.
Au centre des débats : les réformes structurelles, la diversification économique et la croissance exponentielle des exportations hors hydrocarbures.
Bretton Woods aux aguets !
L’Algérie accélère sa transition économique et entend bien le faire savoir aux institutions financières internationales. Mercredi, le ministre du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, Kamel Rezig, a reçu au siège de son ministère une délégation du Fonds monétaire international (FMI), menée par le chef de mission pour l’Algérie, Charalambos Tsangarides. Cette rencontre, qui s’inscrit dans le cadre des consultations périodiques de l’institution de Bretton Woods, a été l’occasion pour Alger de présenter sa nouvelle feuille de route économique, résolument tournée vers l’après-pétrole.
Le FMI face au défi de la diversification algérienne
Alors que le FMI insiste traditionnellement sur la nécessité de réduire la dépendance aux fluctuations des prix du baril, l’exécutif algérien a exposé un bilan chiffré des réformes engagées sous l’impulsion du président Abdelmadjid Tebboune. L’objectif affiché est clair : moderniser le commerce extérieur, assainir le climat des affaires et renforcer la compétitivité du « Made in Algeria ». Pour le FMI, les attentes se situent principalement autour de la viabilité à long terme de ces réformes et de la capacité du pays à maintenir une croissance hors hydrocarbures solide et inclusive.
Les 3 piliers de la stratégie économique algérienne présentés au FMI :
• Élargissement de la base des exportateurs : Structuration et accompagnement des opérateurs nationaux vers l’international.
• Conquête de nouveaux marchés : Positionnement agressif sur de nouvelles zones géographiques, notamment en Afrique subsaharienne.
• Substitution aux importations : Valorisation du tissu productif local pour réduire la facture des importations et préserver les réserves de change.
Exportations hors hydrocarbures : Une dynamique en plein essor
L’argument majeur avancé face aux experts du FMI repose sur la transformation du tissu industriel local. L’augmentation significative du nombre d’entreprises productrices a permis de substituer de nombreux produits locaux aux marchandises importées, consolidant ainsi la souveraineté économique du pays. « Cette dynamique renforce la souveraineté économique du pays, réduit sa dépendance vis-à-vis des marchés extérieurs et participe activement à la création de richesses et d’emplois », a souligné le ministère.
Cette hausse des volumes exportés hors pétrole et gaz témoigne d’une compétitivité retrouvée dans des secteurs clés (comme l’agroalimentaire, les matériaux de construction ou la pétrochimie secondaire), répondant ainsi en partie aux recommandations historiques des partenaires financiers internationaux.
Objectif : Devenir le hub commercial entre l’Europe et l’Afrique
L’Algérie ne cache plus ses ambitions géopolitiques et économiques. Le gouvernement a réitéré sa volonté de transformer le pays en un pôle économique et commercial régional stratégique, capable de faire le pont entre le continent africain et le marché européen.
Pour réussir ce pari et rassurer le FMI sur sa trajectoire de croissance, l’État s’appuie sur :
1. Le développement massif des capacités de production nationales.
2. Des projets d’infrastructures stratégiques (zones franches, interconnexions logistiques africaines).
3. Le positionnement de l’Algérie comme un fournisseur fiable de biens et de services à haute valeur ajoutée.
Alors que le FMI scrute de près les indicateurs macroéconomiques du pays, la réussite de ce pari hors hydrocarbures sera le véritable baromètre de la résilience algérienne face aux chocs mondiaux.
