Face à l’urgence climatique et à la pression croissante sur les réserves hydriques en Algérie, l’Organisation nationale de l’environnement et de la citoyenneté (ONEC) tire la sonnette d’alarme.
L’institution appelle à l’opérationnalisation immédiate de la Police de l’eau, un dispositif clé pour renforcer le contrôle du domaine public hydraulique et lutter contre toutes les formes de gaspillage.
Le constat est sans appel : la protection de l’eau en Algérie exige une bascule stratégique vers une surveillance de terrain renforcée. Si le cadre légal existe depuis plusieurs années, son application concrète nécessite un nouvel élan réglementaire pour doter le pays d’un outil de régulation efficace.
Un cadre juridique prêt à l’emploi : le décret d’application très attendu
Prévue par la loi n° 05-12 du 4 août 2005 relative à l’eau, la Police de l’eau dispose déjà d’un socle juridique définissant ses prérogatives en matière de recherche, de constatation des infractions et de protection des infrastructures.
Cependant, l’enjeu actuel réside dans la publication du décret d’exécution. Ce texte réglementaire permettra d’organiser concrètement l’action des agents sur le terrain et de leur donner les coudées franches pour intervenir rapidement face aux infractions.
Des prérogatives élargies : bien plus que la simple lutte contre le vol
Pour l’ONEC, le périmètre d’intervention de la Police de l’eau ne doit pas se cantonner au repérage des raccordements illégaux ou au vol d’eau. Son champ d’action vise à couvrir la totalité du cycle d’exploitation :
- Lutte contre les prélèvements non autorisés dans les nappes phréatiques et barrages.
- Sanction du gaspillage et des usages irresponsables par les consommateurs et professionnels.
- Protection des infrastructures hydrauliques contre les dégradations et actes de sabotage.
Combattre le gaspillage : distinguer les fuites réseau des comportements individuels
Intervenant sur le sujet, le président de l’organisation, Soufiane Affane, insiste sur la nécessité d’adopter une approche équilibrée. Selon lui, il convient d’opérer une distinction nette entre deux phénomènes distincts :
- La perte technique d’eau, générée par la vétusté des réseaux de distribution et les fuites non réparées.
- Le gaspillage comportemental, découlant d’une surconsommation ou d’un usage négligent de la ressource.
Pour résoudre la crise hydrique, la coercition seule ne suffira pas. L’État doit mener de front le renforcement des contrôles administratifs et l’accélération des programmes de rénovation et de maintenance des réseaux de distribution d’eau potable.
Une responsabilité collective face au défi climatique
Selon les responsables de l’ONEC, la sécurité hydrique s’impose désormais comme une cause nationale impliquant l’ensemble des acteurs : ministères, collectivités locales, société civile et citoyens.
| Axer la stratégie nationale sur 4 piliers majeurs |
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| 1. Contrôle & Dissuasion : Déploiement d’agents de la Police de l’eau formés et équipés. |
| 2. Modernisation des réseaux : Réparation ciblée des fuites et renouvellement des conduites usagées. |
| 3. Sensibilisation continue : Rôle accru des associations pour promouvoir l’éco-citoyenneté. |
| 4. Implication citoyenne : Encouragement au signalement des actes de gaspillage et des anomalies. |
Chaque goutte préservée constitue un investissement direct pour garantir le droit des générations futures à cette ressource vitale. L’efficacité sur le terrain de la Police de l’eau reposera sur la mise à disposition de moyens matériels et humains adéquats, couplée à une coordination fluide entre toutes les instances concernées.
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