La crise du pouvoir d’achat franchit un nouveau cap inquiétant en Algérie, où le secteur avicole ( poulet) traverse une zone de turbulences majeures.
Alors que la viande blanche a longtemps constitué la principale alternative protéinée face à la cherté de la viande rouge et aux cours imprévisibles du poisson, son tarif s’envole désormais vers des sommets inédits.
Au cœur de cette tempête économique, la wilaya de Ghardaïa illustre de manière frappante la détresse des ménages, confrontés à une hausse des prix foudroyante qui remet en question l’accès aux denrées de première nécessité.
Des étals prohibitifs dans toute la région de Ghardaïa
Sur le terrain, la situation s’est dégradée à une vitesse saisissante. En l’espace de quelques semaines, la volaille est devenue un produit de luxe pour de nombreuses familles locales. Un tour d’horizon des différents points de vente de la wilaya de Ghardaïa révèle une flambée généralisée aux étals des bouchers et des marchands de volaille :
- Poulet de chair : Alors qu’il s’écoulait encore à un tarif raisonnable de 450 DA le kilo il y a peu, son prix oscille désormais entre 570 DA et 580 DA le kilo dans des localités comme Sidi Abbaz, Dhaïa Ben Dahoua ou le centre-ville de Ghardaïa. Au marché de Berriane, cette hausse vertigineuse s’est concrétisée en seulement quelques jours, à l’approche directe de la rentrée sociale.
- Escalope : Pièce maîtresse de la consommation courante, l’escalope a franchi un cap symbolique en grimpant de 800 DA à 1 100 DA le kilo.
- Œufs : La hausse n’épargne pas les produits dérivés. Le plateau d’œufs, auparavant commercialisé aux alentours de 420 DA, se négocie aujourd’hui à 570 DA, portant le coût de l’unité à près de 20 DA.
L’incompréhension face à l’inefficacité des aides publiques
Cette surchauffe des prix suscite une vive incompréhension de la part des consommateurs comme des observateurs économiques. La colère est d’autant plus vive que le gouvernement a multiplié les interventions structurelles pour préserver la filière avicole. Parmi les dispositifs phares figure notamment l’exonération de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur les aliments pour volailles, une mesure censée réduire les coûts de production des aviculteurs et se répercuter directement sur le panier de la ménagère.
Dans les faits, le décalage entre les décisions étatiques et la réalité des marchés demeure flagrant. Plusieurs facteurs conjoncturels expliquent cette tension persistante sur l’offre :
- La pression estivale et saisonnière : La forte demande enregistrée durant la période des fêtes, conjuguée aux habitudes de consommation de la saison chaude, a maintenu une tension constante sur le marché.
- Le contrecoup des coûts de production : Malgré les abattements fiscaux, la chaîne logistique et l’approvisionnement en poussins subissent des ajustements complexes qui pèsent lourdement sur la marge des éleveurs.
- La spéculation intermédiaire : La multiplication des intermédiaires entre l’éleveur et le détaillant accentue le phénomène d’inflation artificielle sur les marchés locaux.
Le désarroi grandissant des ménages algériens
Face à ce constat, l’exaspération des citoyens atteint un seuil critique. Privés d’alternatives abordables — le poisson restant hors de portée pour la majorité des foyers —, de nombreux pères et mères de famille se voient contraints de réduire drastiquement leurs achats ou de repartir les mains vides des marchés. Cette crise de la viande blanche à Ghardaïa met en lumière l’urgence de renforcer les mécanismes de contrôle de la distribution afin de stabiliser durablement le marché national.
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