samedi, septembre 26

Alors que le dernier rapport du Fonds Monétaire International (FMI) presse l’Algérie de flexibiliser le taux de change du dinar pour résorber le marché parallèle, le président du parti Jil Jadid, Lakhdar Amokrane, jette un pavé dans la mare.

Si la refonte du marché des changes est inévitable, elle ne doit en aucun cas se muer en thérapie de choc. Décryptage d’une vision qui plaide pour une souveraineté économique où les citoyens ne paient pas la facture des déséquilibres structurels.

Le constat est sans appel et le tabou est définitivement levé : l’écart abyssal entre la cotation officielle du dinar et le taux appliqué sur le marché parallèle est devenu insoutenable. Dans son récent rapport, le FMI pointe du doigt cette anomalie et recommande une plus grande flexibilité de la monnaie nationale pour absorber les chocs extérieurs.

Une préconisation purement technique ? Pas pour le Dr Lakhdar Amokrane. Dans une tribune incisive, le leader de Jil Jadid recadre le débat : derrière les courbes du FMI se cache la question explosive du pouvoir d’achat des Algériens.

Le marché parallèle, un symptôme plus qu’une maladie

L’existence d’un marché noir de la devise n’est plus une simple déviance, c’est une « réalité durable » qui nourrit la spéculation et paralyse les circuits formels. Toutefois, Jil Jadid met en garde contre les erreurs de diagnostic. S’attaquer uniquement au taux de change reviendrait à soigner la fièvre en cassant le thermomètre.

Pour Lakhdar Amokrane, la suprématie du marché parallèle n’est que le symptôme d’un mal plus profond : la rareté des devises légales, le poids étouffant de l’économie informelle et, surtout, l’addiction chronique du pays aux hydrocarbures.

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La ligne rouge du pouvoir d’achat : non à la dévaluation brutale

Faut-il pour autant ignorer l’institution de Bretton Woods ? « Oui à la réforme, non au choc », répond la tribune. Si une plus grande flexibilité du dinar est envisageable, elle ne doit pas servir de paravent à une dévaluation brutale.

Le risque est mathématique : dans une économie lourdement dépendante des importations, faire chuter la valeur du dinar provoquerait une inflation importée immédiate. Médicaments, denrées alimentaires, équipements et matières premières verraient leurs prix flamber.

Pour Jil Jadid, la ligne rouge est claire : les familles algériennes, en particulier les plus vulnérables, n’ont pas à supporter le coût direct d’une réforme monétaire.

Les 6 préalables pour un atterrissage en douceur

Refusant l’improvisation, Lakhdar Amokrane exige qu’une véritable ingénierie financière et sociale précède toute manipulation des taux de change. La transition doit se faire selon des étapes strictes :

  • Démocratiser l’accès légal aux devises pour assécher la demande sur le marché informel.
  • Consolider le marché officiel des changes.
  • Marginaliser progressivement les circuits parallèles.
  • Instaurer une transparence totale dans la fixation du taux de change.
  • Mettre en place un bouclier tarifaire pour surveiller les prix.
  • Protéger financièrement les franges les plus fragiles de la société.

La vraie bataille : produire pour exister

En filigrane de cette tribune se dessine une conviction macroéconomique forte : aucune monnaie ne peut être forte si l’économie qui la soutient est faible. « On ne crée pas une économie productive en dévaluant simplement une monnaie », assène l’auteur.

La véritable réponse aux recommandations du FMI ne se trouve pas dans les bureaux de la Banque Centrale, mais dans les usines et les champs algériens. Libérer l’initiative privée, assainir le climat des affaires et diversifier les exportations hors hydrocarbures sont les seuls véritables leviers pour redonner au dinar sa valeur réelle.

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Pour Jil Jadid, la feuille de route est tracée. L’Algérie doit écouter les instances internationales avec sérieux, mais c’est à elle de dicter son propre tempo. La souveraineté économique exige de regarder les failles en face, mais avec une promesse non négociable : la refonte du modèle algérien se fera pour les citoyens, et non sur leur dos.

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Ramdane Bourahla

Ramdane Bourahla, journaliste et Directeur de Publication du site d'information JUST-INFODZ. Spécialisé dans l'actualité politique nationale.

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