Face aux vives controverses suscitées par le projet de réforme du système éducatif en Algérie, la Secrétaire générale du Parti des Travailleurs (PT), Mme Louisa Hanoune, tire la sonnette d’alarme.
L’emblématique leader du PT, réclame un « gel immédiat» du texte et la tenue d’Assises nationales sous l’égide de la Présidence de la République.
Un appel direct au président de la République pour geler le projet
S’exprimant ce jeudi lors d’une réunion du bureau de wilaya d’Alger, la secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT), , a formulé une demande ferme : le report du projet de réforme de l’éducation nationale. Face aux enjeux cruciaux qu’incarne l’école pour l’avenir du pays, la dirigeante politique interpelle directement le président de la République pour qu’il rende une décision politique suspendant le calendrier actuel.
Pour la patronne du PT, une transformation d’une telle ampleur ne peut s’imposer sans consensus. Elle préconise la tenue d’un grand débat national, placé sous le patronage présidentiel, réunissant l’ensemble des acteurs du secteur : pédagogues, linguistes, universitaires et spécialistes de l’éducation.
Sortir des querelles idéologiques et privilégier la science
L’un des axes centraux de la prise de position de Louisa Hanoune réside dans la dépolarisation des échanges. Dénonçant les soubassements dogmatiques qui entachent selon elle le projet en cours, elle plaide pour une école bâtie sur des critères strictement scientifiques.
Ses principales recommandations reposent sur trois piliers :
• Réconcilier identité et modernité : Elaborer un système éducatif capable d’enraciner l’élève dans son identité nationale tout en l’ouvrant sur le monde.
• Revaloriser la philosophie : Reconnaître le rôle transversal de la philosophie, qui ne doit pas rester le précarré des filières littéraires mais irriguer la pensée scientifique et critique.
• Apaiser la question des langues : Adopter une approche fondée sur la complémentarité entre langues nationales et langues étrangères, plutôt que de les placer en situation de rivalité.
Ouvrir les médias et protéger la liberté d’expression des experts
Faisant le constat que les discussions se retrouvent actuellement confinées — et souvent envenimées — sur les réseaux sociaux, la secrétaire générale du PT réclame l’ouverture des médias publics et privés à la diversité des opinions.
Selon elle, les citoyens doivent pouvoir accéder à une pluralité d’arguments scientifiques éclairés. Invoquant l’absence de « sujets tabous » quand il s’agit de l’école algérienne, Louisa Hanoune a également exprimé sa solidarité envers le pédagogue Ahmed Tessa, cible de vives attaques en raison de ses prises de position. Elle a rappelé que la contradiction scientifique devait se régler par la force de la démonstration et de la preuve, et non par l’invective ou la diffamation.
Un appel aux méthodes participatives de la commission Benghabrit
Critiquant la mouture actuelle du texte qu’elle estime biaisée par des postures idéologiques, la patronne du PT a tenu à faire un parallèle avec les méthodes du passé. Elle a rappelé le soutien apporté en son temps par son parti aux travaux menés sous la direction de l’ancienne ministre de l’Éducation, Nouria Benghabrit.
Selon Louisa Hanoune, la valeur de ces réformes résidait dans leur méthodologie : elles s’appuyaient sur les conclusions d’une commission élargie à des dizaines d’experts, de linguistes et de chercheurs. C’est cette démarche inclusive et rigoureuse que le Parti des travailleurs souhaite voir renaître aujourd’hui à travers un débat national de grande ampleur
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