Pendant que les monarchies pétrolières du Golfe envoient des jets privés et signent des contrats d’armement à coup de milliards de dollars, le Maroc innove dans l’art du « cadeau pas cher ».
Pour tenter de garder les faveurs de Donald Trump, le roi Mohammed VI a déniché l’astuce ultime : baptiser une autoroute au nom du milliardaire américain, en plein Sahara occidental occupé. Coût de l’opération ? Un coup de peinture et quelques panneaux.
Une « Trumpway » au désert : le grand art du bricolage diplomatique
L’information n’a pas été révélée dans un sommet international feutré, mais directement sur Truth Social, le réseau préféré de l’ancien magnat de l’immobilier. Repérée par Forbes, la publication de Donald Trump trahit un enthousiasme presque touchant : le président américain a chaleureusement remercié le roi Mohammed VI pour ce « très grand honneur ».

Dans une vidéo promotionnelle digne des plus belles pépites de la diplomatie du fait accompli, le pouvoir marocain tresse des louanges au « courage historique » de Trump. Traduction : merci encore d’avoir bradé en 2020 la souveraineté du Sahara occidental sur un coin de table, en échange d’une normalisation express avec Israël — et au passage, d’un sacrifice en règle de la cause palestinienne, pourtant bien chère au peuple marocain.
« Espérons-le bientôt ! »
C’est avec cette sérénité déconcertante que Donald Trump a déclaré se réjouir de « parcourir un jour toute la longueur de cette grande route ». On attend avec impatience de voir la limousine présidentielle braver les vents de sable sur 1 000 kilomètres pour inaugurer son ruban d’asphalte.
Pourquoi sortir le carnet de chèques quand un panneau suffit ?
Il faut reconnaître une certaine créativité au royaume. Faute d’avoir les réserves gazogènes ou pétrolières de ses voisins du Golfe pour gaver les proches du milliardaire de juteux contrats commerciaux, le Maroc fait de la résistance économique. Un panneau autoroutier coûte nettement moins cher qu’une flotte d’avions de chasse ou qu’une tour à Manhattan.
Mais sous le vernis de cette générosité en béton armé se cache une ardoise un peu plus salée. Car la facture symbolique, elle, s’alourdit de jour en jour :
- Souveraineté bradée : L’alignement total sur la politique étrangère américaine sous couvert de géopolitique transactionnelle.
- Bases américaines déguisées : Selon la presse marocaine (bladi.net en tête), des sénateurs américains ont glissé dans le budget de défense des proposition de « sites de sécurité coopérative » sur le territoire marocain. Comprendre : des bases militaires américaines qui ne disent pas leur nom.
S’asseoir sur le droit international et la cause palestinienne pour offrir un tronçon de goudron à un magnat de l’immobilier amoureux des lettres d’or : la diplomatie marocaine vient d’inventer le concept de l’autoroute à péage politique. Espérons seulement que Donald Trump n’oublie pas de payer le péage lors de sa future balade.
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