L’ex-ministre de la Communication, Abdelaziz Rahabi, a rendu un vibrant hommage à l’ancien président Liamine Zéroual.
Ainsi, dans un post publié sur ses réseaux sociaux, Abdelaziz Rahabi, a salué en lui un «homme d’État d’une intégrité rare», animé d’un «sens profond du devoir national» et d’une vision politique « en avance sur son temps».
Un homme d’État au sens du devoir chevillé au corps
Liamine Zéroual incarnait, selon Rahabi, « une certaine idée de l’Algérie faite d’engagement sincère, de rectitude morale et de convictions ». C’est répondant à ce qu’il appelait lui-même « l’appel du devoir national » que l’ancien président avait accepté de se présenter à l’élection présidentielle de novembre 1995, en pleine tourmente sécuritaire et politique, alors que beaucoup d’autres désertaient la scène publique.
Ce scrutin — organisé dans des conditions exceptionnelles, sous pression étrangère et au cœur d’une violence terroriste que la Loi sur Errahma n’avait pas suffi à endiguer — a constitué un tournant majeur dans le processus de stabilisation de l’Algérie.
La limitation des mandats : une première dans le monde arabe et africain
Dans la foulée, l’ancien ministre, rappelera l’une des contributions politiques les plus significatives de Zéroual reste selon lui, l’inscription dans la Constitution de novembre 1996 de la limitation des mandats présidentiels à deux exercices.
Abdelaziz Rahabi rappelle qu’il s’agissait d’une première dans le monde arabe et en Afrique, destinée à favoriser l’alternance au pouvoir et à prévenir les dérives qu’engendre inévitablement la présidence à vie. « Cette mesure visionnaire prendra tout son sens tragique» à la lumière des années Bouteflika, vécues, selon Rahabi, comme une «démonstration par l’absurde» des ravages de la corruption et de l’impunité nourries par l’exercice prolongé du pouvoir.
Le Hirak : une bénédiction pour l’Algérie
Toujours selon Abdelaziz Rahabi, loin de rejeter le mouvement populaire du Hirak, Zéroual y voyait une «bénédiction» pour l’Algérie, une opportunité pour sa jeunesse et un espoir pour son peuple. « Cette posture se traduisit concrètement le 2 avril 2019, lorsqu’il déclina publiquement l’offre de diriger une autorité de transition», une structure conçue, selon Rahabi, pour capitaliser sur son prestige intact afin d’offrir un sursis politique à un Bouteflika déjà privé de tout soutien populaire et institutionnel.
La déclaration publiée ce jour-là constitua, selon l’ex-ministre, un «tournant» dans le rapport des forces, contribuant à orienter la crise vers une issue pacifique et à préserver le Hirak d’une confiscation politique programmée.
Un chef d’État accessible, respectueux du pluralisme et de la presse libre
Abdelaziz Rahabi, qui a servi sous l’autorité de Zéroual en tant qu’ambassadeur en Espagne, ministre de la Culture et de la Communication, et porte-parole du gouvernement, témoigne d’un président accessible, attentif aux plus démunis et soucieux de l’image de l’Algérie. «Zéroual ne craignait ni les critiques de l’opposition ni celles de la presse, qu’il considérait comme un contre-pouvoir nécessaire à l’équilibre institutionnel et à la cohésion nationale». Pour M.Rahabi, le président Zeroual aimait rappeler que la vocation des médias est d’«informer et de former, non de flatter les dirigeants».
Sur le plan des réformes médiatiques et culturelles, son mandat fut marqué par plusieurs initiatives structurantes :
• Déblocage de 32 titres de presse en attente d’agrément
• Levée du monopole de l’ANEP sur la publicité institutionnelle
• Ouverture de l’audiovisuel à la diversité des opinions
• Réintroduction de la presse internationale
• Soutien à une loi sur la publicité et à un projet sur les sondages
• Opposition à la privatisation de l’ENAG (Entreprise nationale des Arts graphiques de Reghaia)
« Il n’a pas raté son rendez-vous avec l’histoire »
En conclusion de cet hommage, Rahabi formule ce que beaucoup considèrent comme le plus bel éloge qu’on puisse adresser à un homme politique : Liamine Zéroual n’a pas raté son rendez-vous avec l’histoire de son pays. « Nous lui devons beaucoup car il incarne des valeurs de loyauté à la nation, avait le sens de l’intérêt général …et a réussi l’exercice le plus délicat pour un homme politique, celui de ne pas rater le rendez-vous avec l’histoire de son pays. Qu’Allah le couvre de Sa Miséricorde.», écrit l’ex-ministre,
