C’est l’une des légendes urbaines les plus tenaces du football nord-africain.
Longtemps racontée comme un «râteau historique», l’histoire du « faux refus » de Zinédine Zidane par la sélection algérienne vient d’être définitivement démentie par le journaliste Lakhdar Berriche. Autopsie de la fin d’un mythe.
Zinédine Zidane et l’Algérie : la fin définitive d’un mythe collectif
Pendant plus de trois décennies, l’anecdote a alimenté les débats passionnés des supporters des Fennecs. Au début des années 1990, alors qu’il n’était qu’un jeune espoir à l’AS Cannes, Zinédine Zidane aurait été proposé à la Fédération Algérienne de Football (FAF).
La légende voulait que le sélectionneur de l’époque, Abdelhamid Kermali, l’ait recalé après une brève observation, lâchant une phrase restée célèbre : « Il est trop lent » (ou selon d’autres versions, « trop lourd »).
Un immense rendez-vous manqué qui a nourri les regrets de tout un peuple durant des années. Sauf que cette histoire est purement et simplement une invention.
« Aucun contact » : la mise au point catégorique du joueur
C’est une révélation qui vient briser des années de rumeurs. Lakhdar Berriche, figure incontournable du journalisme sportif (ancien de beIN Sports, aujourd’hui sur Sport Plus), a tiré au clair cette affaire directement à la source.
Lors d’un échange avec « Zizou » alors que ce dernier évoluait sous les couleurs du Real Madrid, le journaliste lui a posé la question sans détour. La réponse de la star internationale a été sans équivoque :
- Aucune approche : Ni la FAF, ni aucun émissaire ou sélectionneur algérien n’a jamais contacté le joueur dans sa jeunesse.
- Aucun test : Kermali n’a jamais eu à juger les capacités physiques ou technologiques du futur Ballon d’Or 1998, faute d’avoir un jour supervisé le joueur.
- Aucun choix à faire : Zidane n’a jamais eu à trancher arbitrairement entre les Bleus et l’Algérie durant ses premières années cannoises.
Pourquoi cette légende urbaine a-t-elle si bien fonctionné ?
Dans le paysage du football algérien, le besoin de comprendre comment un tel talent brut — né de parents originaires de Kabylie — avait pu échapper aux Fennecs a créé un terrain fertile pour le mythe. Associer cet « échec » à la rigidité d’un sélectionneur local permettait de donner une explication rationnelle à un regret national.
En remettant l’église au centre du village, les confidences relayées par Lakhdar Berriche referment un chapitre majeur du roman national des Fennecs. Non, l’Algérie n’a pas rejeté Zinédine Zidane pour des critères physiques douteux : l’opportunité ne s’est tout simplement jamais présentée.
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