Validée par le président de la République et rendue publique le 3 mars 2026, la Stratégie nationale de sécurité des systèmes d’information 2025-2029 est désormais effective.
Ainsi, cette feuille de route en faveur de la cybersécurité en Algérie, vise à consolider sa souveraineté numérique, protéger ses infrastructures critiques et accompagner l’accélération de la transformation digitale de l’État.
Une réponse structurée aux défis du cyberespace
En effet, la publication de cette stratégie s’inscrit dans la volonté des hautes autorités du pays de prémunir les institutions nationales contre l’ensemble des menaces susceptibles d’affecter leur espace numérique. Élaborée dans un contexte marqué par l’essor rapide des technologies digitales et la multiplication des cybermenaces, elle se veut un cadre global garantissant la résilience cybernétique nationale.
Ainsi, la transformation numérique, désormais érigée en priorité stratégique, touche l’ensemble des secteurs administratifs, économiques et sociaux. Elle impose, en parallèle, la mise en place de mécanismes robustes de protection des systèmes d’information et des infrastructures sensibles, afin d’assurer la continuité des services publics essentiels et de préserver la confiance des citoyens dans l’environnement numérique.
Une vision fondée sur la résilience et la souveraineté
Au cœur du document, la vision stratégique repose sur un principe central : garantir la résilience cybernétique nationale à travers le renforcement des capacités de prévention, de détection et de réponse aux incidents. L’objectif est clair : soutenir durablement la dynamique de numérisation du pays tout en protégeant la souveraineté numérique nationale.
Par ailleurs, la stratégie souligne que la sécurité des systèmes d’information ne constitue pas une fin en soi. Elle doit être évaluée, actualisée et adaptée en permanence afin de rester en phase avec l’évolution technologique et les mutations du paysage des menaces.
Un cadre institutionnel consolidé
Il convient de rappeler que cette stratégie s’inscrit dans la continuité du dispositif national institué par le décret présidentiel n° 20-05 du 20 janvier 2020, portant création d’un système national de sécurité des systèmes d’information. Cette architecture institutionnelle repose sur une approche collaborative impliquant l’ensemble des institutions publiques, ainsi que les acteurs concernés des secteurs stratégiques.
Ainsi, l’élaboration de la stratégie a pris en compte l’analyse approfondie du paysage numérique national, l’identification des vulnérabilités existantes et l’anticipation des risques émergents liés à l’intensification des cyberattaques à l’échelle mondiale.
Quatre axes stratégiques structurants
Pour atteindre ses objectifs, la stratégie nationale s’articule autour de quatre axes majeurs :
1. Le renforcement des capacités techniques et opérationnelles
En premier lieu, il s’agit de doter le pays de moyens performants de prévention, de surveillance et de réponse aux incidents cybernétiques. Cet axe vise notamment la protection renforcée des systèmes d’information nationaux et des infrastructures critiques, ainsi que l’amélioration des capacités nationales de gestion de crise.
2. La consolidation du cadre juridique, réglementaire et normatif
Ensuite, la stratégie prévoit l’adaptation et le renforcement de l’arsenal législatif et réglementaire afin d’assurer un encadrement cohérent et efficace de la cybersécurité. L’instauration de référentiels normatifs adaptés constitue également un levier essentiel pour garantir l’harmonisation des pratiques.
3. La formation, la recherche et la sensibilisation
De surcroît, le développement du capital humain est érigé en priorité. La stratégie met l’accent sur la formation de ressources hautement qualifiées, la promotion de la recherche et de l’innovation en cybersécurité, ainsi que la diffusion d’une culture de sécurité numérique au sein de la société.
4. Le renforcement de la coopération nationale et internationale
Enfin, la coopération est identifiée comme un facteur déterminant. Sur le plan national, elle vise à favoriser le partage d’informations et la coordination entre les secteurs public et privé. Sur le plan international, elle ambitionne de consolider les partenariats stratégiques, techniques et normatifs afin de faire face collectivement aux menaces transfrontalières.
Des objectifs mesurables et progressifs
À terme, la stratégie ambitionne de hisser l’Algérie au plus haut niveau de performance en matière de sécurité et de résilience cybernétiques. Elle prévoit une mise en œuvre progressive, structurée et hiérarchisée des priorités, avec des objectifs mesurables et adaptés au degré de sensibilité des différents secteurs — énergie, santé, ressources hydriques, télécommunications, transport ou encore chaînes d’approvisionnement alimentaire.
En définitive, la Stratégie nationale de sécurité des systèmes d’information 2025-2029 apparaît comme un instrument structurant pour consolider la souveraineté numérique du pays. En conjuguant renforcement institutionnel, modernisation normative, montée en compétence des ressources humaines et coopération élargie, elle entend inscrire durablement l’Algérie dans une trajectoire de cybersécurité maîtrisée et proactive.
