Le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD) monte une fois de plus au créneau.
Ainsi, après avoir refusé de signer la charte électorale encadrant les législatives du 2 juillet prochain, le parti d’Atmane Mazouz franchit un nouveau cap en dénonçant, « avec la plus grande fermeté », ce qu’il qualifie de « mascarade organisée » autour de l’attribution des identifiants des listes électorales.
Numéros provisoires devenus définitifs sans tirage au sort
En effet, au cœur de la contestation : le passage, sans tirage au sort, des numéros provisoires attribués lors du dépôt des candidatures aux numéros définitifs. Selon le RCD, ces identifiants avaient été assignés selon un unique critère — le nombre de listes présentées par chaque parti — avant d’être figés sans procédure aléatoire, contrairement aux usages établis. « Sous couvert de simplification administrative, cette décision révèle un parti pris manifeste en faveur des partis du pouvoir, bénéficiant ainsi d’un avantage indu dans la compétition électorale », affirme le parti dans un communiqué publié ce lundi 8 juin 2026.
Le tirage au sort de l’ANIE jugé « tronqué » et « manipulé »
Le RCD va plus loin en s’attaquant directement à la méthode de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE). Selon lui, le principe même du tirage au sort — censé reposer sur le hasard — aurait été dévoyé. « En Algérie, il semble avoir été réinventé : il ne sert plus à produire du hasard mais à habiller des décisions déjà arrêtées », dénonce le communiqué. Le parti décrit la cérémonie comme une simple « mise en scène », destinée à banaliser des pratiques qui, « sous l’œil complaisant d’une classe politique soumise », vident progressivement l’acte électoral de sa substance. « Lorsque le doute s’installe jusque dans les opérations les plus élémentaires censées garantir l’équité, c’est toute la crédibilité du processus qui se trouve atteinte », s’insurge-t-il.
Le RCD refuse de « cautionner la normalisation de l’arbitraire »
En conclusion, le RCD réaffirme son refus de valider ce qu’il considère comme une dérive institutionnelle. Le parti annonce qu’il continuera à dénoncer toutes les atteintes à l’équité électorale, « quelles qu’en soient la forme et la sophistication ». La formule finale du communiqué résume la position du parti : « Car lorsqu’un tirage au sort cesse d’être le fruit du hasard, il ne reste plus qu’un tirage. Le sort, lui, a déjà été décidé ailleurs. »
