Le président de la République, M.Abdelmadjid Tebboune, a placé la préservation du pouvoir d’achat des citoyens comme étant une « ligne rouge ».
Dans ce sens, il a instruit son gouvernement, notamment la ministre du Commerce intérieur et la régulation du marché, Mme Amel Abdellatif à veiller à la stabilité des prix des produits de large consommation.
Cependant et en dépit de ces orientations, il n’en demeure pas moins que les prix des fruits et légumes atteignent des niveaux insupportables pour de nombreux foyers algériens.
Ainsi, dans la plupart des marchés les prix de certains légumes crèvent littéralement le plafond : la tomate à 250 DA le kilogramme, le poivron à 200 DA, la carotte à 180 DA, pour ne citer que ceux-là. Devant cette flambée, la ministre du Commerce intérieur, Mme Amel Abdellatif, a défendu l’approche adoptée par l’État face à cette crise qui ronge le pouvoir d’achat des citoyens.
Pas de plafonnement généralisé : l’État explique pourquoi
En effet, ce jeudi 16 avril 2026 et devant les membres du Conseil de la Nation réunis en séance plénière, Mme Abdellatif et face aux appels à « plafonner » les prix des fruits et légumes, la ministre a écarté l’idée d’un plafonnement général, le qualifiant de « mesure exceptionnelle qui ne peut être adoptée comme règle permanente ». Selon elle, une telle décision risquerait de décourager les producteurs et de déséquilibrer davantage le marché. L’État préfère agir, dit-elle, selon « une approche étudiée et équilibrée », ciblant uniquement les situations de « hausses excessives et injustifiées », de spéculation illicite ou de monopole caractérisé.
Un suivi « quotidien en temps réel …»
Dans sa réponse aux sénateurs, la ministre a rappelé que des marges bénéficiaires ont déjà été encadrées pour plusieurs produits de base : lait, pain, farine, semoule, huile, sucre, ainsi que, plus récemment, viandes rouges, légumineuses, riz et café.
Pour la première responsable du secteur du commerce interne, les fruits et légumes frais, eux, restent en dehors de ce dispositif — ce qui explique la flambée actuelle que subissent les consommateurs au quotidien.
Le ministère assure qu’un suivi quotidien en temps réel est opérationnel sur l’ensemble du territoire, avec des cellules de veille dans toutes les wilayas. Des contrôles renforcés, coordonnés avec les services de sécurité, ont permis selon la ministre de « libérer des stocks non déclarés » et de « maîtriser certaines infractions ». Pourtant, sur les étals des marchés, la réalité est toute autre : des ménages à revenus modestes se retrouvent contraints de réduire ou de supprimer certains légumes de base de leur alimentation quotidienne.
La protection du pouvoir d’achat : une priorité affichée
Mme Abdellatif a conclu en réaffirmant que « la protection du pouvoir d’achat du citoyen demeure au cœur des priorités de l’État », promettant une vision combinant « régulation intelligente, soutien ciblé et contrôle rigoureux ». Des mots qui peinent à convaincre les Algériens qui font leurs courses avec un budget de plus en plus serré, dans un contexte où l’inflation alimentaire continue de s’inviter à chaque repas.
