L’Algérie franchit un nouveau cap dans sa stratégie de souveraineté pharmaceutique, notamment dans la production locale des médicaments pour les maladies rares.
Ainsi, le ministre de l’Industrie pharmaceutique, M.Ouacim Kouidri, a reçu ce lundi 11 mai 2026 l’ambassadeur du Royaume d’Espagne en Algérie, M.Ramiro Fernández Bachiller, au siège du ministère, pour jeter les bases d’un partenariat stratégique bilatéral à fort potentiel industriel et sanitaire.
Maladies rares au cœur des discussions
En effet, au-delà des échanges d’expertises et du rapprochement entre opérateurs économiques des deux pays, c’est la question des médicaments orphelins — ces traitements destinés aux maladies rares qui touchent moins d’une personne sur 2 000 — qui a occupé une place centrale dans les discussions.
Les deux parties ont examiné des pistes concrètes de coopération dans les domaines des essais cliniques et de la fabrication locale de ces médicaments, un segment où l’Algérie accuse encore un retard structurel face à une demande croissante et peu satisfaite.
Les maladies rares, au nombre de près de 7 000 pathologies répertoriées dans le monde, concernent plusieurs dizaines de milliers d’Algériens selon les estimations, dont une grande majorité d’enfants. L’accès aux traitements reste aujourd’hui largement tributaire des importations, avec des coûts prohibitifs et des délais d’approvisionnement qui pèsent directement sur les patients et leurs familles.
Un levier d’innovation pour l’industrie pharmaceutique national
En s’appuyant sur le savoir-faire espagnol — l’Espagne figurant parmi les dix premiers producteurs pharmaceutiques de l’Union européenne — l’Algérie entend accélérer la montée en gamme de son industrie locale. Le développement de capacités nationales de production de médicaments pour maladies rares représenterait une avancée majeure, tant sur le plan de la sécurité sanitaire que de la compétitivité industrielle.
Les deux parties ont convenu de poursuivre la coordination et d’intensifier les efforts conjoints pour créer un environnement d’investissement favorable, propice aux partenariats public-privé dans ce secteur stratégique.
Cette rencontre s’inscrit dans la dynamique de diversification des partenariats pharmaceutiques de l’Algérie, après les accords similaires conclus ces derniers mois avec plusieurs pays européens et asiatiques, dans le cadre de la feuille de route nationale visant à réduire la facture d’importation de médicaments et à positionner l’Algérie comme hub pharmaceutique régional à l’horizon 2030.
