Le ministre d’État, Mohamed Arkab, a reçu ce mardi 23 juin 2026 une délégation de Siemens Energy conduite par le vice-président exécutif Wahid Abbassi.
Au programme de cette visite, l’élargissement du partenariat Sonatrach-Siemens Energy vers l’hydrogène bas carbone, l’ammoniac vert et la numérisation industrielle — un signal fort du resserrement stratégique entre Alger et Berlin sur le front énergétique.
Siemens-Sonatrach, un partenariat qui monte en gamme
En effet, quelques jours seulement après la visite en Algérie d’une importante délégation du groupe allemand VNG AG — autre pilier de l’énergie germanique — c’est au tour de Siemens Energy de franchir les portes du ministère des Hydrocarbures.
La récurrence de ces rendez-vous bilatéraux illustre l’intensification des liens entre l’Algérie et l’Allemagne dans le secteur de l’énergie, à l’heure où Berlin cherche à sécuriser ses approvisionnements et à «verdir» sa transition.
La rencontre a réuni Arkab et Wahid Abbassi, vice-président exécutif des services gaz pour l’Europe et l’Afrique, en présence de cadres des deux parties. Les discussions ont fait le bilan d’un partenariat déjà « avancé » — selon les termes des deux délégations — dans l’industrie pétrolière et gazière, les services gaz, les équipements énergétiques et les solutions d’ingénierie de pointe.
Hydrogène, ammoniac vert, décarbonation : les nouveaux axes stratégiques
L’essentiel du contenu de la réunion a porté sur l’élargissement de la coopération vers des domaines à fort enjeu géostratégique :
Hydrogène bas carbone et ammoniac vert : Sonatrach entend positionner l’Algérie comme fournisseur clé de l’Europe sur ces vecteurs énergétiques de demain.
Réduction des émissions de méthane et fin du torchage routinier : Arkab a insisté sur la poursuite des programmes de décarbonation des installations existantes.
Efficacité énergétique et numérisation industrielle : la modernisation des infrastructures via les technologies intelligentes figure désormais en bonne place dans l’agenda Sonatrach-Siemens Energy.
Transfert de technologies et développement des compétences nationales : un axe structurant pour Alger, qui conditionne sa coopération à l’ancrage local du savoir-faire.
De son côté, Wahid Abbassi a confirmé l’engagement de Siemens Energy à accompagner les projets de développement du secteur des hydrocarbures en Algérie, via des solutions innovantes et des technologies avancées adaptées aux objectifs de décarbonation et de performance industrielle.
L’Algérie, pivot énergétique entre l’Afrique et l’Europe
Cette rencontre s’inscrit dans une dynamique plus large. L’Algérie multiplie les partenariats énergétiques de haut niveau avec les industriels européens — Eni, TotalEnergies, Siemens Energy, RWE — dans un contexte post-crise gazière où elle constitue l’un des rares fournisseurs stables du Vieux Continent.
Pour Berlin, s’appuyer sur Siemens Energy comme vecteur d’influence et de coopération industrielle avec Sonatrach est une stratégie cohérente : l’entreprise allemande dispose déjà d’une empreinte opérationnelle significative en Algérie, avec des équipements déployés sur plusieurs installations gazières stratégiques.
L’enjeu dépasse désormais le gaz naturel. L’hydrogène vert algérien — produit à partir d’énergies renouvelables ou par reformage du gaz avec capture de CO₂ — est au cœur des ambitions d’exportation de Sonatrach à l’horizon 2030-2035, avec l’Allemagne comme débouché prioritaire.
