Un bus reliant Tizi-Ouzou à Hassi Messaoud est entré en collision avec un véhicule lourd dans la nuit de mardi à mercredi sur la RN 46, faisant un mort et neuf blessés, tous des travailleurs du sud.
À 1h12 du matin, dans la nuit de mardi à mercredi, les agents de la Protection civile ont été mobilisés sur la RN 46, entre la zone de Ras El Jadar et la localité d’Ouled Djellal, dans la wilaya de Biskra, après qu’un bus assurant la liaison Tizi-Ouzou – Hassi Messaoud soit entré en collision frontale avec un poids lourd.
Le bilan, communiqué officiellement par la Protection civile, est lourd : un mort et neuf blessés. La victime décédée est un homme âgé de 55 ans. Les neuf blessés, dont les âges sont compris entre 35 et 55 ans, sont tous des travailleurs se rendant à Hassi Messaoud ou dans les wilayas limitrophes.
Pour mener à bien l’intervention, les secours ont déployé un camion et trois ambulances. Le corps de la victime a été acheminé vers la morgue de l’hôpital local, tandis que les blessés ont été pris en charge aux urgences du même établissement. Une enquête a été ouverte par la gendarmerie nationale afin de déterminer les circonstances exactes de l’accident.
Fatigue et somnolence : les causes récurrentes
Cet accident s’inscrit dans une série dramatique de collisions impliquant des bus de transport inter-wilayas. Les liaisons entre le nord et le sud du pays, souvent effectuées de nuit sur des centaines de kilomètres, concentrent une part importante de la sinistralité routière en Algérie.
Les enquêtes menées à la suite de précédents accidents convergent vers les mêmes causes : défaillances mécaniques, fatigue et somnolence au volant. Des chauffeurs effectueraient parfois plus de 24 heures de route consécutive, sans relève ni escale réglementaire — une pratique qui engage directement des vies humaines.
Réforme du parc de bus : les directives de Tebboune tardent à s’appliquer
À la suite du tragique accident de Oued El Harrach, dont le bilan avait profondément marqué l’opinion publique algérienne, le président de la République Abdelmadjid Tebboune avait ordonné le renouvellement accéléré du parc national de bus, en ciblant en priorité les véhicules de plus de 20 ans d’âge.
La mise en œuvre concrète de ces directives reste cependant insuffisante. Les professionnels du secteur et les observateurs appellent à un durcissement de la réglementation, notamment sur les obligations de repos des conducteurs, le contrôle technique périodique des véhicules et l’instauration systématique d’un deuxième chauffeur sur les longues distances.
Tant que ces mesures ne seront pas appliquées avec rigueur, les routes algériennes continueront de payer un tribut humain inacceptable.
