Les prix du gaz en Europe ont fortement augmenté durant les dix premiers jours de l’escalade des tensions au Moyen-Orient, sur fond de poursuite du conflit opposant les États-Unis et Israël à l’Iran depuis le 28 février 2026.
Ainsi, la fermeture du détroit d’Ormuz — passage stratégique par lequel transite près d’un cinquième des flux mondiaux de pétrole et de gaz naturel liquéfié — au même titre que les perturbations touchant des installations gazières au Qatar ont provoqué une envolée des prix énergétiques sur le continent européen.
Le gaz européen atteint des niveaux record
En effet et selon l’indice néerlandais TTF, principale référence du marché européen, les prix du gaz ont grimpé jusqu’à 45 euros par mégawattheure lors de la première semaine du conflit (2-6 mars 2026), soit une hausse d’environ 50 % par rapport aux niveaux d’avant-crise situés autour de 31 euros.
Cette flambée a immédiatement impacté les coûts de production d’électricité, notamment dans les pays dépendants des centrales à gaz, où les prix ont bondi de plus de 50 %.
Une dépendance persistante aux combustibles fossiles
En outre, la crise actuelle met en lumière la forte dépendance énergétique de l’Europe aux combustibles fossiles importés. Les pays les plus exposés sont ceux fortement tributaires du gaz naturel liquéfié (GNL), en particulier en provenance du Qatar, qui représente environ 10 % des importations européennes de GNL.
Certains pays de l’UE particulièrement vulnérables, comme l’Italie, a importé près de 14,67 millions de tonnes de GNL l’an dernier, dont 4,99 millions de tonnes en provenance du Qatar, soit plus d’un tiers de ses approvisionnements. La Belgique dépend également des livraisons qataries, bien que dans une proportion moindre.
La facture énergétique explose
Par ailleurs et selon un rapport d’un centre de recherche énergétique basé à Washington, la hausse des prix a entraîné un surcoût d’environ 2,5 milliards d’euros pour les importations de combustibles fossiles européens durant les dix premiers jours du conflit.
Cette situation rappelle la crise énergétique consécutive à l’Invasion russe de l’Ukraine, qui avait fait bondir la facture d’importation énergétique de l’Union européenne de 313 milliards d’euros en 2021 à 693 milliards en 2022
L’électricité directement impactée
L’augmentation des prix du gaz se répercute mécaniquement sur l’électricité en raison du système de tarification marginale en vigueur dans l’UE, où le prix du marché est fixé par la centrale la plus coûteuse nécessaire pour couvrir la demande — souvent une centrale à gaz.
Depuis le début de la crise actuelle, le coût de production de l’électricité à partir du gaz a augmenté d’environ 50 %, soit un impact supérieur à celui du prix du carbone dans le système européen d’échange de quotas d’émission.
Les effets varient selon les pays. En Italie, le gaz a influencé les prix de l’électricité pendant près de 89 % des heures de fonctionnement en 2026 jusqu’à présent, tandis que l’Espagne a réussi à limiter cette dépendance à environ 15 % grâce à un mix énergétique plus diversifié.
Des conséquences pour l’ensemble des consommateurs
La flambée des prix de l’énergie affecte directement les ménages et les entreprises : factures de chauffage en hausse, carburants plus chers pour le transport et augmentation des prix alimentaires liée au renchérissement des engrais produits à partir de combustibles fossiles.
Grâce à l’interconnexion des réseaux européens, aucun pays n’échappe totalement aux fluctuations, même si les États les plus dépendants du gaz en subissent les effets les plus lourds.
