L’Algérie était présente les 15 et 16 mai 2026 au forum méditerranéen « Verso Sud » à Sorrente, en Italie.
Une participation qui dépasse le simple exercice diplomatique : le message porté était clair — l’Algérie est prête à accueillir les capitaux étrangers dans ses secteurs des hydrocarbures et des énergies renouvelables, dans un cadre réglementaire réformé et compétitif.
Un mix énergétique en transition : hydrocarbures + bas carbone
C’est le secrétaire général du ministère de l’Énergie et des Mines, Miloud Meddjel, qui a représenté le ministre Mohamed Arkab devant les décideurs économiques et énergétiques réunis de la Méditerranée et d’Europe.
Dans son allocution, il a défendu une approche équilibrée articulée autour de trois piliers :
- Sécurité énergétique : maintien et développement de la production gazière et pétrolière pour honorer les engagements d’approvisionnement des marchés européens
- Attractivité des investissements : réformes du cadre réglementaire et lancement de l’appel d’offres Algeria Bid Round 2026, ouvert aux partenaires internationaux
- Réduction de l’empreinte carbone : priorité accordée aux projets de réduction des émissions de méthane, signal fort envoyé aux investisseurs ESG européens
Cette vision positionne l’Algérie non pas comme un simple fournisseur de matières premières fossiles, mais comme un hub énergétique en mutation, capable d’intégrer les exigences de la transition climatique tout en préservant sa rente gazière.
Algeria Bid Round 2026 : la grande ouverture aux capitaux étrangers
L’annonce la plus concrète du forum reste le lancement de l’Algeria Bid Round 2026, appel d’offres destiné à attirer des majors et indépendants pétroliers dans l’exploration et la production sur le territoire algérien.
Cette initiative traduit une volonté politique de rompre avec l’image d’un secteur fermé. Les réformes réglementaires engagées visent à simplifier les conditions d’entrée pour les investisseurs étrangers, améliorer le partage de production et sécuriser les retours sur investissement — autant de leviers nécessaires pour rivaliser avec d’autres destinations pétrolières concurrentes en Afrique et au Moyen-Orient.
Pour les groupes énergétiques européens en quête de diversification de leurs approvisionnements gaziers — notamment depuis la rupture avec le gaz russe —, l’Algérie représente une option géographiquement et politiquement stable, à moins de deux heures des côtes italiennes et espagnoles.
Sonatrach – Edison : vers un partenariat renforcé
En marge du forum, M. Meddjel a rencontré Nicola Monti, directeur général d’Edison, major italiano-français du secteur énergétique. Les discussions ont porté sur les perspectives de coopération entre Sonatrach et Edison dans le gaz naturel, le pétrole et, plus largement, les nouvelles formes d’énergie.
Ce type d’entretien bilatéral illustre la stratégie algérienne : utiliser les forums multilatéraux comme tremplin pour des négociations concrètes avec des opérateurs de premier plan. Edison, qui importe déjà du gaz algérien via le gazoduc Enrico Mattei (Transmed), est un partenaire naturel pour approfondir la coopération, notamment sur des projets d’hydrogène ou de GNL qui pourraient compléter le mix énergétique bilatéral.
L’Algérie, pilier énergétique de la Méditerranée
La participation à « Verso Sud » s’inscrit dans une stratégie de communication économique internationale cohérente. Depuis 2022 et la crise gazière européenne, Alger a intensifié ses apparitions dans les forums énergétiques régionaux pour capitaliser sur sa position de fournisseur alternatif fiable.
Avec des réserves gazières parmi les plus importantes d’Afrique, une infrastructure d’exportation opérationnelle vers l’Europe (Medgaz, Transmed, GNL) et désormais un appel d’offres ouvert, l’Algérie dispose des arguments pour attirer des investissements massifs — à condition que les réformes réglementaires annoncées se traduisent rapidement en actes concrets sur le terrain.
