La connectivité terrestre entre l’Algérie et la Tunisie franchit une étape significative avec le lancement, ce 12 et 13 mars, de deux lignes internationales régulières par autobus.
Ainsi, cette initiative, pilotée par la société tunisienne de transport interurbain en coordination avec l’entreprise publique algérienne de transport, vise à structurer et sécuriser les déplacements entre les deux pays.
Une liaison directe vers Alger
En effet, la première ligne relie Tunis à Alger sur une distance d’environ 980 kilomètres. Le trajet traverse, côté tunisien, les villes du Kef, Tajerouine et Kalaat Senan, avant de poursuivre en Algérie via Constantine, Sétif et Bordj Bou Arréridj jusqu’à la capitale.
Cette ligne sera assurée deux fois par semaine, avec des départs simultanés de la gare de Bab Alioua à Tunis et d’Alger les jeudis et samedis à 20h00.
Une desserte vers Annaba pour renforcer l’est
La seconde ligne cible l’est algérien, reliant Tunis à Annaba sur un parcours d’environ 320 kilomètres. Les bus passeront par Béja, Jendouba, Aïn Draham, Babouch, El Ayoun, La Calle, Aïn Assel et Ben M’Hidi avant d’atteindre leur destination.
Quatre voyages sont programmés chaque semaine — les jeudis, vendredis, samedis et dimanches — avec des départs à 7h00 du matin depuis la gare de Bab Saadoun à Tunis et des départs simultanés depuis Annaba.
Une démarche bilatérale pour renforcer la coopération
Selon les autorités tunisiennes, ce lancement s’inscrit dans le cadre du renforcement de la coopération bilatérale et de la consolidation des liens entre les populations. La décision avait été actée lors de la commission mixte algéro-tunisienne tenue en décembre dernier à Tunis.
Un accord sur l’organisation et l’exploitation conjointe des lignes régulières internationales de transport routier a été signé par le Premier ministre algérien, Sifi Ghrieb, et son homologue tunisienne, Sara Zaafrani Zenzri.
Fin d’un vide dans le transport routier
Ces lignes mettent fin à une longue absence de transport public officiel entre les deux pays. En 2018, une expérience menée par une société algérienne privée avait assuré des liaisons quotidiennes entre Alger–Tunis et Tunis–Annaba, mais avait été interrompue suite à la saisie des biens de l’entreprise dans une affaire de corruption.
L’absence de lignes régulières avait alors favorisé le recours à des transporteurs informels et à des taxis non réglementés aux neuf postes frontaliers. Les voyageurs devaient souvent franchir la frontière à pied avant de reprendre un taxi de l’autre côté.
Un soulagement pour les voyageurs
La mise en service de ces nouvelles lignes devrait réduire les contraintes pour les usagers sans véhicule personnel et encadrer plus efficacement le flux de déplacements transfrontaliers.
Enfin, cette ligne vient compléter la reprise, en août 2024, de la liaison ferroviaire internationale Annaba–Tunis, assurant des dessertes quotidiennes entre Annaba et le centre de Tunis via plusieurs localités frontalières.
