L’accalmie sur les marchés algériens n’aura été que de courte durée. Quelques semaines seulement après la fin du mois de Ramadhan et des fêtes de l’Aïd, la mercuriale s’emballe à nouveau.
En cette première semaine de juillet, les consommateurs font face à une hausse vertigineuse et inattendue des prix des fruits et légumes. D’Alger à Sétif, en passant par Tizi-Ouzou et Bouira, le constat est identique : les étals sont bien garnis, mais les tarifs affichés font fuir les clients.
Le prix de la banane double en quelques jours
C’est la surprise de ce début d’été : le prix du kilo de banane a littéralement doublé. Alors qu’il se négociait autour de 400 à 460 dinars il y a encore quelques jours, ce fruit est désormais affiché entre 750 DA, 800 DA, voire 850 DA chez certains primeurs.
Cette augmentation spectaculaire suscite l’incompréhension générale. Près d’un étal, un client dépité ne cache pas sa colère :
« C’est incompréhensible. Qui a décidé de cette hausse astronomique ? Un chef de parti affirmait récemment qu’on vivait mieux avec 3 000 dinars qu’avec 50 euros. Sait-il qu’ailleurs, le kilo de banane ne dépasse pas les 2 euros ? », a-t-il ironisé.
Face à lui, le vendeur reste impuissant et confie ne pas comprendre non plus les raisons de cette dérive.
La pomme de terre et les légumes frais hors de prix
La banane n’est malheureusement pas une exception. La pomme de terre, aliment de base incontournable des ménages algériens, connaît elle aussi une flambée inquiétante. Affichée à seulement 40 DA au mois de mai, elle a grimpé en flèche pour atteindre aujourd’hui entre 110 et 130 dinars selon les régions.
Une virée au marché de Tizi-Ouzou confirme la tendance générale de surchauffe des prix :
- Pomme de terre : 110 à 130 DA / kg
- Carotte : 150 DA / kg
- Courgette : 150 DA / kg
- Laitue : 200 DA / kg
- Pomme (gros calibre) : 1 200 DA / kg
Avec de tels tarifs, le constat est amer pour le budget des ménages : avec un billet de 3 000 dinars, le couffin de la ménagère repart à moitié vide.
Grossistes et détaillants dépassés : l’ombre de la spéculation
Cette crise de la cherté de la vie ne pénalise pas uniquement les consommateurs ; les professionnels de la distribution sont également pris de court. Les marges se réduisent et l’approvisionnement devient un casse-tête. Un grossiste basé à Tizi-Ouzou témoigne de son désarroi :
« J’ai fait tout le trajet jusqu’à Mostaganem pour revenir bredouille. Là-bas, au marché de gros, la pomme de terre est déjà vendue à 100 dinars. Quel bénéfice puis-je espérer après avoir parcouru plus de 500 kilomètres ? »
Dans les allées des marchés, la colère gronde et tous les regards se tournent vers les intermédiaires. Pour un marchand de fruits et légumes installé à Draâ Ben Khedda, la solution doit venir d’en haut : « Il faudrait que l’État frappe fort pour réguler le marché. Des sanctions sévères doivent tomber sur les spéculateurs qui enfreignent les règles. »
Un pouvoir d’achat pris en étau cet été
Cette nouvelle flambée des prix fragilise un peu plus le pouvoir d’achat des Algériens, déjà soumis à rude épreuve. Entre les dépenses liées à la saison estivale, les fêtes familiales, les réceptions et les sorties d’été, le budget des ménages est pris en étau. Faute de régulation rapide, la saison estivale s’annonce particulièrement lourde à porter pour le portefeuille des citoyens.
