Un nouveau scandale alimentaire vient d’éclater en Algérie et plus précisément à Blida.
Ainsi, les services de sécurité alimentaire relevant du Service central opérationnel de lutte contre la criminalité organisée de la Gendarmerie nationale ont mis au jour une entreprise qui fabriquait et commercialisait du pain tortilla (type « raghif ») à partir de farine avariée.
Une menace directe pour la santé publique
En effet et selon un communiqué officiel, l’opération a été menée à la suite d’une enquête approfondie. Lors de la perquisition des lieux, les enquêteurs ont découvert que l’établissement opérait sous couvert d’un registre de commerce correspondant à une « boulangerie industrielle ».
Les inspections ont permis la saisie d’importantes quantités de farine subventionnée. Des échantillons, prélevés tant sur la matière première que sur le produit fini, ont été transmis à l’Institut national de criminalistique et de criminologie de la Gendarmerie nationale pour analyses. Les résultats d’expertise ont confirmé la non-conformité des produits et leur dangerosité pour la santé des consommateurs.
L’enquête a également révélé que le gérant de l’entreprise utilisait de la farine ordinaire conditionnée en sacs de 50 kilogrammes, acquise auprès d’une filiale d’un groupe public au prix de 2 000 dinars le quintal. Or, cette farine subventionnée est, en vertu de la réglementation en vigueur, strictement destinée aux boulangers pour la production du pain soutenu par l’État.
Un détournement massif de farine subventionnée
Ce détournement a permis à la société de réaliser des bénéfices considérables depuis le début de sa collaboration avec les filiales concernées. Plus de 24 000 quintaux auraient été achetés, pour une valeur avoisinant les 4 milliards de centimes, tandis que les ventes du produit fini auraient atteint près de 77 milliards de centimes.
À l’issue de l’enquête, un dossier judiciaire a été constitué à l’encontre du gérant et de ses complices, qui ont été présentés devant le procureur de la République territorialement compétent. Ils font face à plusieurs chefs d’inculpation, notamment le détournement de marchandises de leur destination privilégiée, la fraude dans la commercialisation de denrées alimentaires destinées à la consommation humaine, la tromperie du consommateur, ainsi que l’apposition d’une marque commerciale non enregistrée en violation des règles relatives à la conformité des produits.
