C’est un séisme diplomatique entre l’Afrique de l’Ouest et l’ancienne puissance coloniale.
En effet, le gouvernement du Burkina Faso a annoncé ce 26 juin 2026 la rupture totale de ses relations diplomatiques avec la France, dénonçant un « activisme incessant » de Paris contre les intérêts burkinabè et un soutien présumé aux groupes terroristes qui ravagent le Sahel.
Une décision historique pour Ouagadougou
Ainsi, le porte-parole du gouvernement, l’officier Gilbert Pingdwendé Ouédraogo, a rendu publique la décision dans un communiqué officiel. Ouagadougou met fin, «avec effet immédiat», au cadre institutionnel diplomatique qui liait les deux États depuis l’indépendance du Burkina Faso en 1960.
La rupture est présentée comme l’aboutissement d’une « évaluation approfondie » de l’état des relations bilatérales. Le gouvernement burkinabè juge que les conditions d’un partenariat fondé sur le respect mutuel, la confiance réciproque et le principe de non-ingérence ne sont plus remplies.
Paris accusé de «néocolonialisme» et de complicité avec les terroristes
Le ton du communiqué est sans équivoque. Ouagadougou formule trois accusations directes contre la France :
• Un « activisme incessant » du régime français contre les intérêts du Burkina Faso
• Des « ambitions néocoloniales » matérialisées par un soutien actif à des réseaux subversifs et aux groupes terroristes qui endeuillent le pays et la région du Sahel
• Une « perfidie » et une partialité dans le traitement médiatique et diplomatique du Burkina Faso, visant à en faire « un paria de la communauté internationale »
Ces accusations s’inscrivent dans une rhétorique souverainiste assumée. Le gouvernement parle de « visées impérialistes de domination » et d’« asservissement » du peuple burkinabè, justifiant la rupture au nom de « la responsabilité et de la souveraineté ».
Les ressortissants français protégés, les liens humains préservés
Ouagadougou prend soin de distinguer la rupture institutionnelle des réalités humaines. Le gouvernement affirme que cette décision ne remet pas en cause les liens historiques, culturels et sociaux entre les peuples burkinabè et français.
Les ressortissants français présents sur le sol burkinabè bénéficieront de la protection et de l’hospitalité de l’État. Le gouvernement appelle l’ensemble des citoyens burkinabè à faire preuve de « responsabilité, de retenue et de civisme » à leur égard, dans le respect des lois de la République.
Cap sur une «diplomatie indépendante» et d’une coopération Sud-Sud
La rupture avec Paris s’accompagne d’une réorientation diplomatique claire. Ouagadougou réaffirme sa volonté de :
• Diversifier ses partenariats stratégiques
• Renforcer la coopération Sud-Sud
• Nouer des relations équilibrées avec tous les États
• Promouvoir la paix, la sécurité et le développement durable
Le gouvernement dit rester ouvert au dialogue avec la communauté internationale, mais sur une base inédite : respect mutuel, réciprocité et égalité souveraine.
Cette rupture fait du Burkina Faso le troisième pays du Sahel allié de la junte, après le Mali et le Niger, à tourner le dos à Paris dans un contexte de recomposition profonde des alliances africaines.
