Le processus de réchauffement engagé entre Alger et Paris s’accélère. Depuis la visite de Laurent Nuñez au mois de mars dernier, les deux pays ont entamé un cheminement vers la « réconciliation » après près de deux années de crise diplomatique.
Ainsi et dans la continuité de la ministre française des Armées, le ministre français de la Justice, Gérald Darmanin, effectuera lundi une visite officielle à Alger, à l’invitation des autorités algériennes.
Un déplacement qui marque un tournant dans les relations judiciaires entre les deux pays, après plusieurs mois de turbulences diplomatiques.
Un dialogue relancé après la crise
En effet, la visite intervient dans un contexte de normalisation progressive entre Alger et Paris. Les deux capitales cherchent à dépasser les tensions qui avaient paralysé leur coopération institutionnelle, et c’est par le volet judiciaire que le rapprochement s’amorce concrètement.
Darmanin s’entretiendra avec son homologue algérien Lotfi Boudjemaa. Au menu : l’ouverture d’un « nouveau chapitre » de la coopération bilatérale, fondé sur le respect des spécificités institutionnelles de chaque pays et la reprise des échanges de haut niveau.
Crime organisé, narcotrafic, biens mal acquis : les dossiers chauds
La coopération sécuritaire et judiciaire constituera le cœur des discussions. Criminalité organisée, narcotrafic, terrorisme et délinquance économique et financière transnationale figureront en tête de l’ordre du jour.
Les deux parties devraient également aborder les mécanismes de suivi des dossiers liés aux biens mal acquis et aux enquêtes financières internationales — des sujets particulièrement sensibles dans la relation algéro-française.
Une délégation de poids
La composition de la délégation française est révélatrice des enjeux. Aux côtés de Darmanin figureront trois hauts magistrats spécialisés : Laureline Peyrefitte, directrice des affaires criminelles et des grâces ; Vanessa Pérée, procureure nationale anticriminalité organisée ; et Pascal Prache, procureur national financier.
Ces responsables rencontreront leurs homologues algériens pour débloquer plusieurs dossiers de coopération technique restés en suspens.
Pour Alger comme pour Paris, les questions judiciaires et sécuritaires sont considérées comme stratégiques. Cette visite s’inscrit dans la reprise progressive d’un dialogue bilatéral que les deux pays ont intérêt à consolider, au-delà des crispations politiques conjoncturelles.
