Portée par d’importants projets dans les énergies renouvelables et l’hydrogène vert, l’Algérie intensifie sa transition énergétique.
Cette stratégie impulsée depuis 2022, vise à diversifier le mix énergétique du pays et renforcer sa position de fournisseur stratégique pour le marché européen. C’est ce que souligne un récent rapport de l’Agence allemande du commerce et de l’investissement (GTAI), mettant en avant les ambitions du pays dans le domaine des énergies propres.
Une « volonté affirmée » d’aller vers les EnR
En effet, le rapport souligne que l’Algérie est le premier producteur d’hydrocarbures en Afrique et qu’il ne compte pas rester en marge des mutations énergétiques mondiales. Malgré l’importance de ses réserves en pétrole et en gaz, le pays affiche, selon les auteurs du document, « une volonté constante » d’accompagner la transition vers les énergies propres.
La même source mentionne également que cette orientation se traduit progressivement par la mise en œuvre de grands projets solaires et par le lancement de programmes d’investissements majeurs dans les énergies renouvelables.
15 gigawatts en 2035 : le pari ambitieux de l’Algérie
Par ailleurs, le document souligne que l’Algérie ambitionne d’atteindre une capacité installée de 15 gigawatts en énergies renouvelables à l’horizon 2035. Plusieurs projets ont déjà franchi une étape décisive avec leur raccordement au réseau national d’électricité.
Dans ce contexte, deux centrales solaires d’une capacité de 200 mégawatts chacune ont été mises en service en avril 2026 dans les wilayas d’El Meghaier et de Biskra. Ces installations devraient contribuer à injecter une capacité globale de 1 400 mégawatts dans le réseau électrique national avant la fin de l’année 2026.
Le solaire en pleine expansion
En outre, ces réalisations s’inscrivent dans le cadre des appels d’offres lancés en 2023 pour une capacité totale de 3 000 mégawatts d’énergie solaire. Le rapport précise également que trois autres projets totalisant 520 mégawatts ont été attribués en 2025.
De plus, l’état d’avancement des travaux de 22 centrales solaires actuellement en construction avoisine les 40 %, illustrant l’accélération du programme national de transition énergétique. Selon le même rapport, la stratégie énergétique algérienne vise principalement à réduire la forte dépendance du pays au gaz naturel dans la production d’électricité.
Dans cette perspective, le développement des énergies renouvelables constitue un levier essentiel pour préserver les capacités d’exportation du gaz algérien, tout en répondant à la hausse continue de la demande nationale en énergie.
L’éolien et l’hydrogène vert au cœur des perspectives futures
À ce jour, une seule ferme éolienne d’une capacité de 10,2 mégawatts est opérationnelle à Adrar. Toutefois, en coopération avec la banque mondiale, les autorités algériennes étudient actuellement la faisabilité de projets éoliens pouvant produire jusqu’à 1 000 mégawatts répartis sur dix sites.
Enfin, le rapport conclut que l’Algérie entend également jouer un rôle central dans l’économie émergente de l’hydrogène vert, un secteur appelé à devenir un pilier stratégique de la transition énergétique mondiale dans les prochaines années.
Parallèlement, la filière nationale des énergies renouvelables poursuit sa structuration avec l’émergence d’acteurs algériens spécialisés dans la fabrication de panneaux photovoltaïques, l’ingénierie et le développement de projets énergétiques. Le rapport met également en avant les importantes potentialités de l’Algérie dans le domaine de l’énergie éolienne, un secteur qui demeure encore largement sous-exploité.
