Lancé en 2012 et relancé en 2024 après plus de dix ans de gel, le chantier de la polyclinique de Draâ El Mizan, dans la wilaya de Tizi-Ouzou peine toujours à concrétiser sa livraison.
Lors d’une visite d’inspection le 29 juillet dernier, le wali de Tizi-Ouzou, Aboubakr Seddik Boucetta, a adressé un ultimatum ferme à l’entreprise réalisatrice, exigeant une mise en service d’ici le 1ᵉʳ novembre.
Un ultimatum ferme pour un projet au point mort
Inscrit à l’origine comme une clinique mère-enfant avant d’être réorienté en polyclinique multidisciplinaire, ce projet sanitaire majeur situé au sud-ouest de Tizi-Ouzou accumule les déboires. Malgré les engagements souscrits lors de sa relance au début de l’année 2024 — qui prévoyaient un délai d’exécution de six mois —, les travaux avancent à un rythme jugé inacceptable.
En visite sur le terrain le 29 juillet dernier, le wali Aboubakr Seddik Boucetta n’a pas caché son agacement face aux explications fournies par l’entreprise chargée des travaux. Jugeant les moyens humains et matériels insuffisants, le chef de l’exécutif de la wilaya a directement menacé l’entrepreneur de lui retirer le marché s’il ne redressait pas la barre immédiatement.
Bien qu’aucune date formelle n’ait été arrêtée dans le procès-verbal, l’objectif des autorités est clair : inaugurer la structure le 1ᵉʳ novembre prochain, à l’occasion de la célébration du 72ᵉ anniversaire du déclenchement de la guerre de Libération nationale.
Un secteur de la santé sous haute pression
Pour cette commune de plus de 60 000 habitants, la concrétisation de cet établissement relève de l’urgence absolue. L’unique polyclinique actuelle, mise en service à la fin des années 1970, souffre d’une saturation chronique. Elle doit non seulement prendre en charge la population du centre-ville, mais aussi celle de nombreux sous-secteurs urbains et des villages périphériques, y compris les usagers venus de la commune voisine de Frikat.
L’implantation de la nouvelle structure s’avère stratégique. Elle se situe au cœur d’un pôle urbain en forte expansion démographique regroupant :
- 1 080 logements publics locatifs ;
- 166 logements LSP et près de 200 logements LPP ;
- Le quartier de l’Abattoir (plus de 300 logements) ;
- Le pôle urbain « 1ᵉʳ Novembre 1954 » (cité Cosider) et ses 2 000 logements AADL et sociaux.
L’exaspération grandissante de la population
Les menaces du wali ont trouvé un écho favorable auprès des citoyens, qui ont largement exprimé leur ras-le-bol sur les réseaux sociaux. À Draâ El Mizan, la lenteur des chantiers publics est perçue comme un problème récurrent.
« Tous les projets à Draâ El Mizan dépassent les dix à quinze ans avant d’être livrés, comme le centre de formation professionnelle ou la pénétrante autoroutière. Il faut que M. le Wali frappe fort pour mettre fin à ces bricolages », commente un habitant sur la Toile.
Sauvé de justesse de l’abandon définitif — alors que des risques de glissement de terrain pesaient sur le site —, ce projet vieux de 14 ans se retrouve de nouveau au centre des attentions. L’intervention du wali permettra-t-elle enfin d’accélérer la cadence pour offrir aux citoyens l’infrastructure de soins tant attendue ? Réponse dans les prochaines semaines.
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