Les résultats préliminaires des élections législatives à Tizi-Ouzou viennent de tomber. Si la participation électorale reste globalement faible à l’échelle nationale, la wilaya de Tizi-Ouzou enregistre un sursaut notable par rapport aux précédents scrutins.
Ainsi, dans un climat calme et normal, les électeurs ont rendu leur premier verdict, redistribuant les cartes entre partis traditionnels et listes indépendantes.
Une participation en hausse malgré un désintérêt global
Selon les chiffres provisoires communiqués par l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), le taux de participation à Tizi-Ouzou s’est établi à 15,51 %. Sur un corps électoral de 694 152 inscrits, 107 662 électeurs se sont rendus aux urnes.
Bien que ce chiffre mette en évidence un absentéisme de plus de 84 %, il représente une progression spectaculaire pour la région. Lors des derniers rendez-vous démocratiques post-décembre 2019, la participation locale peinait parfois à franchir la barre symbolique des 1 %. Ce désamour des urnes n’est pas propre à la Kabylie. Avec plus de 80 % d’abstention au niveau national, la tendance confirme un fossé persistant entre les aspirations des citoyens algériens et la classe politique.
23 listes pour 11 sièges : Les partis traditionnels en position de force
Pour ces législatives, la concurrence était pourtant rude. Pas moins de 23 listes (partisanes et indépendantes) étaient en lice pour décrocher les 11 sièges de députés de la wilaya à l’Assemblée populaire nationale (APN).
Cependant, la profusion de candidats et les promesses de campagne n’ont pas pleinement convaincu. Les premiers échos des observateurs locaux suggèrent que l’ancrage territorial l’a emporté :
- Le carré d’as en tête : Les partis traditionnels — le FFS, le RCD, le FLN et le RND — devraient rafler la majorité des sièges.
- Les indépendants en embuscade : Les listes indépendantes pourraient s’en sortir avec un ou deux sièges maximum.
- Le couperet des 5 % : De nombreuses listes ne parviendront pas à atteindre le seuil fatidique des 5 % des suffrages exprimés, les éliminant d’office de la répartition.
Une campagne de proximité qui n’a pas suffi
Durant la campagne électorale, les candidats ont pourtant bousculé les codes en axant leurs discours sur les préoccupations quotidiennes et directes des citoyens, s’éloignant parfois de leurs futures prérogatives de législateurs. Une stratégie proche de celle des élections locales qui n’a pas suffi à mobiliser les foules.
Cette déconnexion croissante entre les partis et la base électorale soulève des questions de fond. Pour de nombreux analystes, le renouvellement de l’APN souffre d’un déficit de crédit auprès de la population, nécessitant désormais des études sociologiques approfondies pour comprendre ce comportement électoral.
Le compte à rebours est lancé. Il faudra maintenant attendre la proclamation des résultats officiels et détaillés par l’ANIE pour connaître les visages des nouveaux députés qui représenteront la wilaya de Tizi-Ouzou au sein de la future législature.
