Un grave accident a été évité de peu, ce jeudi 19 mars vers 14h40, au centre-ville de Draâ El Mizan, au sud-ouest de Tizi-Ouzou, à la veille de l’Aïd El-Fitr et en plein jour de marché hebdomadaire.
Ainsi, un semi-remorque lancé à très grande vitesse a dévalé la descente menant à la ville avant de terminer sa course contre une échoppe située près de l’arrêt des taxis desservant Bouira, à quelques mètres de l’ancienne mairie. Par miracle, aucun piéton ni véhicule ne se trouvait sur place au moment de l’impact, évitant ainsi un véritable carnage. Une camionnette a toutefois été percutée dans la collision.
Panique au centre-ville de Draâ El Mizan
Alertés immédiatement, les éléments de la Protection civile sont intervenus rapidement pour secourir le chauffeur du poids lourd, blessé et évacué vers l’hôpital Krim Belkacem. Aucun autre blessé n’a été signalé, mais la scène a provoqué une vive panique parmi les passants témoins de l’accident.
Sur son passage, le camion a gravement endommagé une partie du trottoir récemment aménagé ainsi que plusieurs arbres d’ornement. Les services de sécurité ont ouvert une enquête pour déterminer les circonstances exactes du drame. Selon les premières informations, une défaillance des freins serait à l’origine de l’accident après plus de cinq kilomètres de descente abrupte depuis le col de Tizi Larbaâ.
Un danger récurrent dénoncé par les habitants
Ce type d’incident n’est malheureusement pas inédit dans cette zone urbaine traversée quotidiennement par des centaines de poids lourds, souvent surchargés.
Ces camions proviennent notamment des briqueteries d’Aomar, de la cimenterie de Sour El Ghozlane et des carrières d’agrégats d’El Hachimia, dans la wilaya de Bouira. Depuis des années, les riverains tirent la sonnette d’alarme face aux risques liés au transit de ces véhicules au cœur de la ville. La diffusion de vidéos spectaculaires de l’accident sur les réseaux sociaux a relancé le débat sur l’achèvement du projet de contournement de Draâ El Mizan, lancé en 2011 mais toujours inachevé.
Selon des acteurs associatifs locaux, il ne resterait qu’environ 700 mètres de route pour relier le tronçon allant de l’hôpital au CW04 en direction de Frikat. En mars 2020, les autorités avaient pourtant annoncé la levée de toutes les contraintes et une livraison imminente du projet dans un délai de quatre mois — une promesse restée sans suite six ans plus tard.
Un contournement nommé désir
Certains estiment que les autorités attendent la mise en service de la pénétrante reliant la région à l’autoroute Est-Ouest pour dévier le trafic des poids lourds. Toutefois, les transporteurs à destination de Boghni, Frikat, Mechtras ou Ouadhias continuent d’emprunter obligatoirement le centre-ville faute d’alternative.
Les habitants insistent sur l’urgence de reprendre et d’achever ce projet déjà largement financé, estimant que la sécurité des citoyens doit primer sur toute autre considération.
