Les prix du pétrole poursuivent leur flambée sur les marchés internationaux et viennent de dépasser la barre symbolique des 100 dollars le baril, atteignant leur niveau le plus élevé depuis 2022 et le début de la guerre en Ukraine.
Ce dimanche soir, le West Texas Intermediate (WTI) s’échangeait à 108,30 dollars le baril, contre environ 90 dollars lors de la clôture de samedi. De son côté, le Brent, référence mondiale du marché pétrolier, a grimpé à 108,64 dollars, un sommet inédit depuis plus de trois ans.
Cette envolée des cours du pétrole intervient dans un contexte de fortes tensions géopolitiques au Moyen-Orient et de perturbations majeures de l’approvisionnement mondial.
Réduction de la production au Koweït et aux Émirats arabes unis
La hausse des prix du pétrole s’est accélérée après l’annonce d’une réduction de la production par le Koweït et les Émirats arabes unis, sur fond de perturbations quasi totales du trafic dans le stratégique Détroit d’Ormuz.
Le Koweït a déjà commencé à réduire sa production d’environ 100 000 barils par jour, une baisse qui pourrait s’intensifier si les tensions militaires dans la région se prolongent.
De leur côté, les Émirats arabes unis, qui produisent près de 3,5 millions de barils par jour, ont également décidé de limiter leur offre sur le marché mondial. Le pays privilégie désormais des routes d’exportation alternatives afin d’éviter le passage par le détroit d’Ormuz, l’un des corridors énergétiques les plus stratégiques de la planète.
La « guerre des raffineries » attise la flambée du pétrole
La situation sur le marché pétrolier mondial est également alimentée par la réduction de production dans plusieurs autres pays producteurs majeurs, notamment Irak, Arabie saoudite et Qatar.
Selon de nombreux analystes, la crise actuelle pourrait exercer une pression rapide sur les réserves mondiales de pétrole et de carburant, qui pourraient être fortement entamées en quelques semaines seulement si les tensions persistent.
La situation s’est encore aggravée après les frappes menées par Israël durant le week-end contre plusieurs infrastructures énergétiques en Iran. En représailles, Téhéran a ciblé la ville de Haïfa, où se trouve l’une des principales raffineries israéliennes.
Dans ce contexte explosif, les spécialistes du secteur estiment que la hausse des prix du pétrole pourrait se poursuivre tant que le conflit restera actif. Les données de la plateforme de prédiction Polymarket montrent d’ailleurs que les probabilités d’un cessez-le-feu rapide continuent de reculer.
