Longtemps marginalisée, l’Algerie mobilise enfin sa « diaspora sanitaire » en offrant à cette dernière, des facilitations et autres accompagnements.
Ainsi et dans la continuité de l’initiative menée ce dimanche par le Secrétaire d’État chargé de la communauté nationale à l’étranger, qui avait tenu à « rassurer » les médecins algériens exerçant à l’étranger, quant au soutien de l’État à leur égard et les incitera à mettre leurs compétences au profit du système de santé national, son confrère de la Santé publique, le Pr Mohammed Seddik Aït Messaoudène, était sur un autre front.
L’expertise de la diaspora mise en relief
En effet, le premier responsable de la Santé en Algérie, a reçu une délégation de l’Association franco-algérienne de santé de Provence (ASFAP). Une rencontre axée sur le renforcement de la coopération bilatérale et la mobilisation des expertises médicales de la diaspora au service du système de santé national.
Conduite par la Dr Fouzia Deghmane, en présence de cadres de l’administration centrale ainsi que d’un représentant du Secrétariat d’État chargé de la communauté nationale à l’étranger, cette rencontre était l’occasion d’échanger sur mécanismes à même de renforcer la coopération bilatérale, notamment à travers le partage d’expériences et de savoir-faire. L’objectif affiché est clair : contribuer à la modernisation du système de santé algérien et améliorer la qualité des prestations offertes aux citoyens.
Un Centre national de gériatrie en perspective
Dans la foulée, un projet de création d’un centre national de référence en gériatrie a été évoqué. Le ministre a insisté sur la nécessité de renforcer la formation dans cette spécialité, notamment à travers la mise en place de cursus dédiés aux médecins généralistes, afin de garantir une prise en charge adaptée au vieillissement de la population.
À titre indicatif, le premier responsable du secteur, insiste à chaque fois sur le segment de la gériatrie en Algérie, soulignant le fait que la santé des seniors est désormais une « priorité absolue ». Ce choix, selon M.Ait Messaoudène, est dicté par une réalité démographique incontournable : l’augmentation sensible de la part des personnes âgées au sein de la société algérienne et l’allongement de l’espérance de vie. « Il est devenu impératif de dédier des services hospitaliers spécialisés et de mobiliser des ressources humaines qualifiées pour garantir une prise en charge adaptée à cette catégorie, plus vulnérable aux pathologies complexes et aux complications de santé », a souligné le ministre.
Une plateforme numérique dédiée à la diaspora médicale
Par ailleurs, les discussions ont souligné l’importance du rôle que peuvent jouer les associations scientifiques établies à l’étranger. Celles-ci sont appelées à soutenir activement le système national, notamment dans des spécialités sensibles comme la gériatrie, en contribuant à une meilleure prise en charge des personnes âgées.
Dans le même élan, le ministre a annoncé le lancement d’une plateforme numérique dédiée à l’enregistrement des médecins algériens exerçant à l’étranger. Cet outil vise à faciliter leur implication dans le développement du secteur, en leur permettant de partager leurs expertises et d’apporter des contributions scientifiques dans divers domaines.
Des priorités clairement identifiées
En outre, les échanges ont abordé plusieurs enjeux de santé publique jugés prioritaires, tels que le développement de la santé scolaire, la prévention et la lutte contre les addictions, ainsi que la promotion des soins palliatifs, considérés comme essentiels pour améliorer la qualité de vie des patients atteints de maladies chroniques.
Dans ce contexte, le ministre a mis en avant l’importance stratégique de la transformation numérique du secteur, notamment à travers la généralisation du dossier médical électronique. Une démarche qui vise à renforcer la transparence, améliorer le suivi des patients et optimiser la gestion des structures de santé.
L’engagement de l’ASFAP
De son côté, la présidente de l’association, la docteure Fouzia Deghmane, a exprimé la pleine disponibilité de l’ASFAP à accompagner les efforts de l’Algérie. Elle a réaffirmé la volonté de mobiliser les compétences algériennes établies à l’étranger pour favoriser le transfert de connaissances et l’introduction de techniques médicales modernes.
En conclusion, les deux parties ont convenu de la nécessité de poursuivre la coordination et de renforcer les mécanismes de coopération, dans une optique de partenariat durable, au service d’un système de santé plus performant et inclusif.
