L’Algérie aborde la saison estivale sans crainte de pénurie d’eau.
Le taux de remplissage des barrages a franchi la barre des 59% en moyenne, portant les réserves nationales à plus de 4,6 milliards de mètres cubes.
Une performance inédite rendue possible par les importantes précipitations enregistrées ces dernières semaines à travers le territoire national.
Un bond de 25 points par rapport à 2025
En effet, c’est le directeur général de l’Agence nationale des barrages et des transferts (ANBT), Abdelatif Azira, qui a livré ces chiffres ce jeudi 14 mai 2026 sur les ondes d’Alger Chaîne 3. Il a souligné que ce taux dépasse de plus de 25 points celui relevé à la même période en 2025, où les barrages n’affichaient qu’un remplissage de 38%. Une vingtaine de barrages sont déjà remplis à 100%, dont les plus grands ouvrages hydrauliques du pays : Beni Haroun (plus de 860 millions de m³), Tichy-Haf à Béjaïa, Bouhanifia à Mascara, ou encore les barrages de Relizane et Tiaret.
Des disparités régionales gérées par interconnexion
La situation n’est pas uniforme sur l’ensemble du territoire. Seize barrages, localisés dans les wilayas de Batna, Bordj Bou Arréridj et Tlemcen, affichent encore des taux inférieurs à 30%.
Le directeur général de l’ANBT a néanmoins rassuré : l’alimentation en eau reste garantie pour toutes les régions grâce au système d’interconnexion entre barrages, conçu précisément pour assurer une redistribution équitable des ressources hydriques à l’échelle nationale.
L’envasement : un défi transformé en opportunité
Au-delà des chiffres encourageants, l’ANBT s’attaque à l’un des défis structurels de la gestion hydraulique en Algérie : l’envasement des retenues, qui réduit progressivement leur capacité de stockage. Pour sa quatrième campagne de dévasement, l’agence prévoit d’extraire 10 millions de mètres cubes de vase, avec une nouveauté majeure : cette matière sera intégralement récupérée et valorisée dans plusieurs secteurs industriels — cimenteries, briqueteries et potentiellement agriculture.
Des études menées conjointement avec des universités et le groupe des cimenteries ont démontré que la vase extraite peut remplacer certaines matières premières dans la fabrication du ciment, avec un bénéfice environnemental significatif : une réduction de 40% des émissions de CO₂ lors du processus de fabrication, tout en limitant l’extraction d’argile issue des gisements naturels.
