Face aux récentes attaques ciblées et aux blocus menaçant le complexe gazier de Mellitah, la National Oil Corporation (NOC) sort du silence.
Entre désinformation du public et défis techniques majeurs, la compagnie nationale recadre le débat : la priorité absolue reste l’approvisionnement des centrales électriques libyennes.
Attaque du complexe de Mellitah : une crise fondée sur de fausses rumeurs
La tension monte d’un cran dans le secteur énergétique libyen. À la suite de violentes attaques contre le complexe stratégique de Mellitah et de l’arrêt forcé du pompage de gaz, la National Oil Corporation (NOC) a exprimé sa vive inquiétude.
Ces actes de sabotage ont été justifies par leurs auteurs par la volonté de stopper net les exportations de gaz vers l’Europe. Une décision motivée, selon la NOC, par une interprétation erronée des faits. La compagnie dénonce une vaste campagne de désinformation alimentant l’opinion publique avec de fausses vérités sur les contrats d’exploitation et d’exportation.
Libye-Eni : comment fonctionne réellement le partage du gaz ?
Afin d’éclairer le grand public, la compagnie nationale a tenu à rappeler la réalité juridique et commerciale du partenariat historique conclu avec le géant italien Eni :
- Un accord de partage de production : La part attribuée à Eni constitue la contrepartie contractuelle de ses investissements dans le développement des gisements libyens.
- Le marché intérieur en priorité absolue : Face à l’explosion de la demande nationale en électricité (particulièrement en période estivale), la NOC rachète directement la majeure partie de la quote-part d’Eni pour réinjecter ce gaz dans les centrales électriques locales.
En clair : L’immense majorité de la production gazière libyenne — y compris la part réservée au partenaire étranger — est consommée sur le territoire national pour alimenter la population et l’industrie.
[ Production Totale de Gaz ]
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├──► Consommation Locale (Libye) : ~90% (Rachat des parts d'Eni inclus)
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└──► Exportations via Greenstream (Italie) : < 10% de la part d'Eni (Maintien technique)
Pourquoi le gazoduc Greenstream continue-t-il de tourner ?
Contrairement aux idées reçues, les volumes de gaz acheminés vers l’Italie via le gazoduc sous-marin Greenstream sont minimes. Ils représentent moins de 10 % de la seule part revenant à Eni.
Pourquoi ne pas couper complètement le robinet ? La NOC met en garde contre les idées reçues :
- Contraintes techniques strictes : Un réseau gazier sous pression ne s’arrête pas d’un simple clic.
- Coûts et risques d’endommagement : Une interruption totale suivie d’un redémarrage forcé expose les installations à des avaries graves et nécessite des investissements financiers colossaux.
- Sécurité du réseau : Ce débit minimal est le strict minimum requis pour maintenir la pression, la sécurité et l’intégrité physique du gazoduc.
Risque de black-out : l’appel au sens civique de la NOC
S’attaquer aux infrastructures gazières menace directement la stabilité du pays. La NOC rappelle qu’une fermeture forcée entraîne des retards de production irréversibles et fragilise l’économie nationale.
Invoquant l’accord DGSPA (Domestic Gas Supply Purchase Agreement), la compagnie réaffirme que la satisfaction du marché libyen prime sur tout accord d’exportation (EGSPA).
Enfin, la NOC appelle l’ensemble du peuple libyen à préserver ce secteur névralgique de toute instrumentalisation politique ou militaire, afin de garantir la sécurité énergétique et de préserver les richesses du pays.
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