Après des mois de blocage diplomatique, le dossier sensible des expulsions des personnes sous obligation de quitter le territoire français (OQTF), entre Paris et Alger connaît un tournant discret mais significatif.
Ainsi, selon des informations de Franceinfo, l’Algérie a récemment délivré plusieurs dizaines de laissez-passer consulaires, permettant la reprise de reconduites vers son territoire. Une évolution qui intervient après près d’un an de gel quasi total des expulsions.
Une année de tensions et de blocage
En effet, d’après une information révélée par le média ce 28 avril 2026, Alger avait opposé depuis le printemps 2025, une fin de non-recevoir aux demandes françaises. En toile de fond, une montée des tensions liée à la ligne particulièrement ferme adoptée à l’époque par le ministre français de l’Intérieur, Bruno Retailleau.
Cette stratégie, perçue comme une forme de pression politique, n’a pas permis de débloquer la situation. Au contraire, elle a contribué à crisper davantage les relations, installant un véritable bras de fer diplomatique.
Fidèle à ses principes, l’Algérie a clairement signifié qu’elle n’entendait céder ni au chantage ni à toute forme de marchandage sur des questions relevant de sa souveraineté.
Changement de méthode, premiers résultats
Le tournant est intervenu avec l’arrivée de Laurent Nunez au ministère de l’Intérieur. Rompant avec l’approche précédente, il a privilégié une reprise du dialogue avec les autorités algériennes. Son déplacement à Alger en février 2026 a permis de renouer les contacts et d’instaurer un climat plus constructif.
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Depuis, plusieurs dizaines de laissez-passer consulaires ont été délivrés par Alger, condition indispensable pour procéder aux expulsions. Illustration concrète : le 23 avril 2026, sept ressortissants algériens jugés dangereux selon la meme source ont été renvoyés dans leur pays. Paris cible en priorité OQTF, notamment celles condamnées pour des faits graves.
Alger : fermeté sur les principes, ouverture dans le dialogue
Cette évolution met en lumière une constante de la diplomatie algérienne. Alger rejette catégoriquement toute tentative d’imposition ou de rapport de force. Ni la pression politique ni la fermeté affichée ne constituent des leviers efficaces face à une position fondée sur la souveraineté nationale.
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En revanche, l’Algérie se montre disposée à coopérer dès lors que l’approche change de nature. Une démarche basée sur le respect mutuel, le dialogue et la concertation trouve un écho favorable. Dans ce cadre, Alger apparaît non seulement ouverte, mais également pragmatique et compréhensive, notamment lorsque les échanges s’inscrivent dans une logique participative.
Une reprise encore prudente
Du côté français, l’entourage du ministre se garde selon la meme source de tout triomphalisme. On évoque une reprise « timide, consciente de la sensibilité du dossier et du fait que chaque déclaration publique est attentivement suivie de l’autre côté de la Méditerranée » souligne la meme source.
Cette séquence diplomatique illustre ainsi une réalité claire : si l’Algérie reste inflexible face à toute forme de pression, elle sait en revanche faire preuve de souplesse et de coopération lorsque le dialogue prévaut sur la contrainte.
