Les échanges commerciaux entre la France et l’Algérie ont connu un net ralentissement en 2025.
Selon les données publiées par le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, les exportations françaises vers le marché algérien sont passées de 4,8 milliards d’euros en 2024 à environ 4,2 milliards d’euros en 2025, soit une baisse proche de 600 millions d’euros.
Près de 600 millions d’euros de ventes en moins
Cette contraction intervient dans un contexte de relations bilatérales tendues et ramène les échanges entre les deux pays à 9,4 milliards d’euros, contre 11,1 milliards d’euros un an auparavant. Si l’évolution des prix des hydrocarbures a également pesé sur la valeur des échanges, le recul des ventes françaises constitue l’un des principaux éléments de cette dégradation.
La baisse des exportations françaises vers l’Algérie atteint ainsi environ 12% sur un an. Elle concerne notamment les produits agricoles et agroalimentaires, traditionnellement présents dans les échanges entre les deux pays.
Les entreprises françaises restent également positionnées sur plusieurs segments du marché algérien, notamment les équipements et machines, les produits pharmaceutiques, chimiques ainsi que différents biens industriels. Le recul global des exportations traduit donc une diminution de l’activité commerciale française sur un marché où plusieurs fournisseurs internationaux sont aujourd’hui en concurrence.
Il convient toutefois de distinguer la baisse de la valeur des exportations d’une perte nette équivalente pour les entreprises françaises. L’évolution des prix, des volumes vendus et de la composition des échanges peut en effet modifier sensiblement l’impact réel sur les entreprises concernées.
Un marché où les intérêts français restent importants
Malgré ce recul, l’Algérie demeure un marché significatif pour les entreprises françaises. La relation économique ne se limite d’ailleurs pas aux échanges de marchandises.
Selon les données françaises, le stock d’investissements directs français en Algérie s’élevait à 3,1 milliards d’euros en 2024. Plus de 250 filiales d’entreprises françaises étaient par ailleurs implantées dans le pays.
Ces investissements couvrent plusieurs secteurs. Les activités financières et d’assurance représentaient 36% du stock, devant les industries manufacturières avec 29% et les industries extractives avec 23%.
Cette présence donne une dimension supplémentaire au recul des échanges commerciaux. Au-delà des exportateurs, ce sont donc également des entreprises disposant d’activités, de capitaux et de réseaux établis en Algérie qui sont concernées par l’évolution de l’environnement économique bilatéral.
La concurrence étrangère gagne du terrain
Le recul des exportations françaises intervient parallèlement à la progression de certains autres fournisseurs de l’Algérie.
Les données du représentant américain au Commerce montrent notamment que les exportations de marchandises américaines vers l’Algérie ont augmenté de 25,9% en 2025, pour atteindre environ 1,3 milliard de dollars, soit 262,9 millions de dollars supplémentaires sur un an.
Cette évolution ne signifie pas nécessairement que les entreprises américaines ont remplacé les fournisseurs français sur les mêmes produits. Elle illustre néanmoins l’intensification de la concurrence sur le marché algérien.
Pour les entreprises françaises, l’enjeu ne se limite donc plus à préserver leurs positions historiques. Elles doivent également composer avec des fournisseurs disposant d’offres alternatives, dans un marché où les critères de prix, de qualité, de financement et de disponibilité peuvent peser dans les choix des importateurs.
Une reconquête commerciale qui pourrait être plus difficile
Le principal risque pour les exportateurs français réside dans la perte durable de certaines positions commerciales. Lorsqu’un importateur change de fournisseur, la nouvelle relation peut rapidement s’accompagner de nouveaux contrats, de mécanismes de financement, de circuits logistiques et de services après-vente.
Une amélioration ultérieure des relations bilatérales ne garantit donc pas automatiquement le retour aux niveaux précédents. Les entreprises françaises pourraient devoir regagner des parts de marché face à des concurrents qui auront entre-temps consolidé leur présence.
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