Que se passe-t-il réellement sur les routes en Algérie? La question hante désormais tous les esprits au terme d’un été marqué par une hausse dramatique des drames routiers.
Après le choc provoqué par deux tragédies majeures — celle de Boumerdès (28 morts et 38 blessés) et celle de Timimoun (4 morts et 20 blessés) survenues en l’espace de 48 heures seulement —, la Nation reste sous le coup de l’émotion.
Face à ce « terrorisme routier », le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a décrété un deuil national de trois jours en hommage aux victimes, tout en promettant des sanctions exemplairement sévères contre les responsables de ces hécatombes.
Nouveau drame à Chelghoum La : la loi des séries
Malgré la prise de conscience et les appels à la prudence, un nouvel accident est venu alourdir la liste des drames. Ce 2 août, un bus de transport de voyageurs assurant la liaison Chelghoum El Aïd – Alger est entré en collision violente avec un camion sur l’autoroute Est-Ouest.
Bilan officiel : Un mort et un blessé.
Selon la page officielle de la Gendarmerie nationale (Tariki), les équipes de sécurité routière ont été rapidement déployées sur les lieux pour désengorger le trafic et ouvrir une enquête afin de faire toute la lumière sur ce nouvel accrochage.
Pourquoi les bus de voyageurs sont-ils devenus une menace ?
Si le bilan de cet accident est fort heureusement moins lourd que ceux de Boumerdès ou de Timimoun, une question de fond s’impose : pourquoi les bus, autrefois considérés comme le moyen de transport le plus sûr, sont-ils aujourd’hui au cœur de tant de sinistres ?
Plusieurs facteurs explicatifs sont avancés par les experts et observateurs de la sécurité routière :
- La vétusté du parc automobile : À l’image du terrible accident d’El Harrach l’an dernier, de nombreux véhicules en circulation accusent un état mécanique dégradé.
- La pièce de rechange contrefaite : La prolifération de composants de mauvaise qualité nuit gravement à l’entretien préventif des véhicules lourds.
- Le facteur humain et la fatigue extrême : Sur les longs trajets (dépassant souvent 400 km, notamment entre le Nord et le Sud), le manque de sommeil et l’épuisement des chauffeurs deviennent critiques.
- L’absence de second chauffeur : Trop de compagnies de transport négligent l’obligation d’aligner deux conducteurs par voyage pour alterner les temps de repos.
Quelles solutions pour stopper le « terrorisme routier » ?
Au sein de la population, la psychose s’installe. Prendre le bus pour effectuer un long trajet est devenu une source d’angoisse majeure pour de nombreux citoyens.
Face à cette crise, des voix s’élèvent pour réclamer des mesures radicales et coercitives :
- L’obligation du mouchard (chronotachygraphe) : Rendre obligatoire l’installation de régulateurs et d’enregistreurs de vitesse sur tous les bus de transport et poids lourds.
- Des contrôles stricts de la vitesse : Permettre aux enquêteurs d’analyser la vitesse exacte du véhicule avant et après un impact.
- Une réglementation rigoureuse du travail des chauffeurs : Imposer des pauses obligatoires et vérifier la présence effective d’un second conducteur pour les longs parcours.
Il est désormais crucial de passer des promesses aux actes pour mettre un terme définitif à cette spirale sanglante sur les routes d’Algérie.
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