Le secteur de la pêche et de l’aquaculture en Algérie fait face à un constat lucide : les ambitions passées peinent à se concrétiser.
Ainsi et alors que le pays tablait en 2024 sur une production annuelle de 30 000 tonnes, cet horizon reste, deux ans plus tard, hors de portée.
Un bilan en demi-teinte : Le défi de la production halieutique
Malgré les annonces et les vœux pieux des différents responsables, le secteur n’a pas encore pris le large. Lors d’une réunion de crise présidée ce jeudi 23 avril 2026, par M. Yacine Mahdi Oualid, ministre de l’Agriculture et de la Pêche, le constat est clair : il faut redoubler d’efforts pour combler le déficit de production.
Les nouveaux objectifs pour 2026
Pour corriger cette trajectoire, le ministère mise désormais sur un doublement de la production aquacole d’ici la fin de l’année en cours.
- Objectif revu : Atteindre 20 000 tonnes (contre les 30 000 initialement espérés).
- Stratégie d’urgence : Ensemencement massif de 80 millions d’alevins de daurades et loups de mer pour booster les rendements de la saison actuelle.
La pêche en haute mer : Une bouée de sauvetage ?
Face aux difficultés de la pêche côtière, l’Algérie déplace ses pions vers le grand large. Dans ce sens, le ministre de l’Agriculture et de la Pêche, a fait savoir que l’Algérie opère un changement de cap majeur dans sa stratégie de pêche en haute mer. Elle consiste en :
- Récupération du quota de Thon Rouge : Un volume de 2 467 tonnes est alloué pour 2026.
- L’espoir mauritanien : Un accord « historique » permettrait d’aller chercher jusqu’à 30 000 tonnes dans les eaux mauritaniennes, une nécessité pour compenser les faibles résultats nationaux.
Les freins identifiés et les leviers de relance
Pourquoi le secteur stagne-t-il ? Le ministère pointe du doigt plusieurs chantiers de modernisation indispensables pour sortir de l’impasse :
- Modernisation et Surveillance (Système Satellite) : L’absence de contrôle rigoureux a longtemps favorisé la pêche illégale. D’ici fin 2026, 1 700 navires seront enfin équipés d’un suivi par satellite pour optimiser l’organisation du secteur.
- Réhabilitation écologique : l’épuisement des ressources côtières est un frein majeur. En collaboration avec le Japon, l’Algérie tente de restaurer sa biomasse via des récifs artificiels, espérant ainsi inverser la courbe de productivité.
- Climat des affaires et investissement : le manque de capitaux a freiné l’expansion. Le gouvernement promet désormais un cadre réglementaire plus souple pour les crédits d’investissement, espérant que l’argent privé viendra pallier les lenteurs administratives.
Enfin, transformer ce « plan d’action ambitieux » en résultats tangibles pour faire baisser les prix sur les étals et garantir la sécurité alimentaire du pays. L’année 2026 sera-t-elle celle du véritable décollage ou un nouveau rendez-vous manqué ?
