En juillet 2026, l’industrie gazière algérienne a franchi un nouveau cap. Alors que la production nationale de gaz naturel a enregistré une hausse de 3 %, propulsée par un secteur électrique particulièrement gourmand en période estivale, les exportations ont connu des ajustements notables.
Entre des besoins locaux grandissants et la recherche de nouveaux débouchés stratégiques, décryptage d’un marché énergétique algérien en pleine mutation.
Le secteur de l’énergie en Algérie montre des signes de forte résilience et d’adaptation en cette année 2026. Selon les données récentes obtenues par l’Unité de Recherche sur l’Énergie (basée à Washington), la production de gaz naturel a connu une impulsion majeure au début de l’été, reflétant les dynamiques complexes entre l’offre domestique et la demande internationale.
Une production gazière relancée en juillet 2026
Après une légère contraction au mois de juin, la production de gaz en Algérie a rebondi de manière spectaculaire en juillet 2026. Le pays a extrait 8,612 milliards de mètres cubes de gaz naturel (soit une moyenne de 9,8 milliards de pieds cubes par jour). Cela représente une hausse de 3 % (235 millions de mètres cubes supplémentaires) par rapport aux 8,377 milliards de mètres cubes enregistrés en juillet 2025.
Ce regain d’activité intervient juste après le premier repli annuel enregistré cette année : une baisse de 0,4 % en juin 2026 (8,168 milliards de mètres cubes).
Sur les sept premiers mois de l’année, le bilan demeure largement positif. Selon la Joint Organisations Data Initiative (JODI), la production cumulée de janvier à juillet 2026 a grimpé de 4 % pour atteindre 62,621 milliards de mètres cubes, contre 60,184 milliards à la même période l’an dernier.
Évolution de la production mensuelle en 2026 :
- Janvier : 10,437 milliards de m³ (pic de l’année)
- Février : 8,946 milliards de m³
- Mars : 9,669 milliards de m³
- Avril : 8,447 milliards de m³
- Mai : 8,342 milliards de m³
- Juin : 8,168 milliards de m³
- Juillet : 8,612 milliards de m³
L’appétit insatiable du secteur électrique national
Si la production est en hausse, c’est principalement pour répondre à une demande intérieure galopante. En juillet 2026, la consommation de gaz en Algérie a bondi de 12,6 % en glissement annuel, atteignant 4,657 milliards de mètres cubes.
Le principal moteur de cette flambée ? Le secteur de la production d’électricité, qui a englouti à lui seul 69 % de ce volume (3,208 milliards de mètres cubes). C’est exactement le double de sa consommation de juillet 2025.
Cette surconsommation s’explique par des pics de chaleur ayant entraîné une demande électrique historique. Le réseau national a été poussé dans ses retranchements, frôlant les 21 400 mégawatts (MW) le 13 juillet, avant d’établir un nouveau record absolu le 19 août avec 21 828 MW. Au total, sur les sept premiers mois de l’année, la consommation gazière de l’Algérie s’est appréciée de 7 %, totalisant 33,149 milliards de mètres cubes.
Exportations : Une dynamique contrastée entre gazoducs et GNL
L’absorption d’une grande partie de la production par le marché local a inévitablement impacté les volumes destinés à l’international. Les exportations algériennes (gazoduc et Gaz Naturel Liquéfié – GNL) ont reculé de plus de 5 % en juillet 2026, s’établissant à 3,764 milliards de mètres cubes (contre 3,971 milliards un an plus tôt).
Toutefois, cette baisse cache une réalité à deux vitesses :
- Le transport par gazoduc résiste : Les exportations via pipelines ont augmenté, passant de 2,938 milliards de m³ en juillet 2025 à 3,184 milliards de m³ en juillet 2026.
- Le GNL en recul : Les expéditions de gaz naturel liquéfié ont fortement chuté, tombant à 0,580 milliard de mètres cubes en juillet (contre 1,032 milliard l’année précédente). Cette tendance s’est confirmée en août avec un volume faible de 0,45 million de tonnes (environ 0,612 milliard de m³).
Malgré ce ralentissement, le GNL algérien continue d’alimenter fidèlement le marché européen. Les cargaisons récentes ont été réparties entre quatre partenaires stratégiques :
- Turquie : 211 000 tonnes
- Italie : 108 000 tonnes
- France : 99 000 tonnes
- Espagne : 32 000 tonnes
Le Bangladesh : Un nouveau cap stratégique vers l’Asie
Au-delà de ses partenaires méditerranéens traditionnels, l’Algérie cherche activement à diversifier son portefeuille de clients. Selon des informations exclusives rapportées par la plateforme spécialisée Attaqa, des négociations avancées sont en cours avec le Bangladesh.
Dacca envisage de sécuriser 10 cargaisons annuelles de GNL algérien via un contrat à court terme. Pour le pays asiatique, l’objectif est clair : contourner le détroit d’Ormuz pour diversifier et sécuriser ses routes d’approvisionnement énergétique. Les discussions portent actuellement sur la structure des prix, les calendriers de livraison et les clauses contractuelles.
Cette ouverture vers l’Asie pourrait offrir à l’Algérie un levier de croissance crucial pour valoriser son GNL sur de nouveaux marchés à forte demande, rééquilibrant ainsi son modèle d’exportation face à une consommation intérieure de plus en plus exigeante.
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