Le géant britannique Sound Energy finalise son retrait total du secteur gazier marocain. Découvrez les dessous de cette décision stratégique et ce qu’elle révèle sur le climat des investissements étrangers au Maroc.
Le secteur de l’énergie en Afrique du Nord vient de connaître un tournant majeur. La compagnie britannique Sound Energy a officiellement scellé son retrait définitif du marché du gaz naturel au Maroc en cédant l’intégralité de ses actifs restants à la société marocaine Managem.
Cette transaction, évaluée à 57 millions de dollars et conclue en mai 2026, marque le point final de l’aventure gazière du groupe britannique dans le Royaume.
Si la version officielle met en avant «un virage stratégique» vers les énergies renouvelables et la transition énergétique, les retards cumulés et les contraintes financières révèlent une réalité plus complexe quant à l’attractivité du climat d’affaires marocain pour les investisseurs étrangers.
Un retrait en deux temps : L’abandon de trois sites stratégiques
L’accord scellé entraîne la cession totale de la filiale Sound Energy Morocco East Limited (SEML) à Managem. Concrètement, le géant britannique abandonne ses positions sur trois actifs majeurs :
- La concession du gisement de Tendrara (où Managem détient désormais 75 % des parts d’exploitation aux côtés de l’ONHYM qui en conserve 25 %).
- Le permis d’exploration du Grand Tendrara.
- Le permis d’exploration d’Anoual.
Pour Sound Energy, l’opération permet de liquider ses engagements et de dégager une trésorerie nette d’environ 11 millions de dollars. La compagnie prévoit de réorienter ses capitaux vers sa plateforme solaire Tayra et la recherche d’hydrogène et d’hélium via HyMaroc, renonçant définitivement aux hydrocarbures traditionnels dans la région.
Pressions économiques et retards : Les failles du marché local
Derrière le discours policé des dirigeants et les remerciements d’usage du PDG Graham Lyon envers son partenaire local, ce désengagement reflète les défis monumentaux auxquels font face les opérateurs internationaux au Maroc.
Initialement prévu pour octobre 2025, le lancement de la production de gaz du projet Tendrara a été reporté au troisième trimestre de l’année 2026. L’opérateur principal a dû composer avec une détérioration de la conjoncture :
- Inflation des coûts : Le projet a subi de plein fouet une hausse généralisée des dépenses d’investissement (CAPEX) et des charges d’exploitation (OPEX).
- Incertitudes décisionnelles : La décision finale d’investissement (FID) concernant la deuxième phase du projet — qui inclut la construction d’un gazoduc de 120 km — reste aujourd’hui suspendue à l’évaluation des partenaires locaux.
Quel signal pour les investisseurs étrangers au Maroc ?
L’incapacité de Sound Energy à mener à terme l’exploitation directe du gisement de Tendrara envoie un signal préoccupant aux marchés internationaux. Entre incertitudes réglementaires, délais administratifs rallongés et contraintes économiques locales, le départ du géant britannique illustre la difficulté pour les multinationales de rentabiliser leurs investissements dans le secteur extractif marocain.
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