L’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) continue de faire face à une montée des critiques émanant de plusieurs formations politiques à l’approche des législatives prévues le 2 juillet 2026.
Ainsi, après les réserves exprimées récemment par le parti Jil Jadid sur la gestion du processus électoral, c’est au tour de deux autres formations politiques de monter au créneau.
Le Mouvement de la société pour la paix (MSP) et le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), deux partis que tout oppose, viennent chacun de leur côté de « tirer à boulets rouges » sur cette Autorité.
Le MSP dénonce une « reconfiguration » anticipée du paysage politique
Dans un communiqué publié ce 28 mai, le MSP affirme suivre avec « une profonde inquiétude » le traitement des dossiers de candidatures déposés en prévision des prochaines élections législatives. Le parti islamiste critique particulièrement l’exclusion de plusieurs listes et candidats sur la base, selon lui, « d’interprétations administratives » et « d’appréciations discrétionnaires » qui ne reposerait pas, dans de nombreux cas, sur des décisions judiciaires définitives.
Le MSP insiste sur son attachement à la « stabilité du pays » et au « respect des institutions » de l’État, tout en considérant que la crédibilité du processus électoral dépend avant tout du respect strict de la Constitution et des dispositions légales régissant le droit de candidature.
Dans ce contexte, le parti rappelle que le droit de se présenter à une élection constitue un droit constitutionnel fondamental, qui ne peut être limité qu’à travers des décisions judiciaires définitives émanant d’instances compétentes et indépendantes.
Enfin, le mouvement estime que le recours à des « soupçons », à des rapports administratifs ou à des enquêtes non tranchées par la justice pour écarter certains candidats soulève des interrogations sérieuses quant au respect du principe de présomption d’innocence et de l’égalité des chances entre les concurrents politiques.
Le RCD s’indigne et accuse!
Pour sa part, le RCD dénonce des « rejets massifs, opaques et insuffisamment motivés » de la part de l’ANIE. Dans son communiqué publié ce vendredi en début de soirée, le parti présidé par Atmane Mazouz indique qu’il a été notifié du rejet de sa liste pour la wilaya d’Alger, au motif d’« une prétendue non-conformité » liée aux parrainages, après un quitus préalablement établi et sans explication sur les rejets opérés. « Dans plusieurs autres wilayas et dans l’émigration, des candidatures du parti ont subi le même traitement opaque, discriminatoire et politiquement orienté », fustige cette formation politique.
Selon le RCD, ces rejets en cascade ne relèvent plus de « simples irrégularités administratives », mais constitueraient un « verrouillage politico-administratif » ayant pour objectif de « réduire l’un des rares partis d’opposition encore debout ».
Toujours selon le Rassemblement pour la culture et la démocratie, les autorités chercheraient à « élaborer » leurs propres listes pour les partis politiques. « À travers les filtres administratifs, les rejets sélectifs, les validations opaques et les exclusions arbitraires, ils cherchent à imposer les profils autorisés, à éliminer les voix indépendantes et à façonner un personnel politique conforme aux exigences de l’allégeance », accuse cette formation politique.
Enfin, le RCD appelle chacun à prendre ses responsabilités. « Le pouvoir est interpellé afin qu’il revienne à la raison, au respect de la Constitution, au libre arbitre des citoyens et aux principes élémentaires de neutralité des institutions. » Selon cette formation politique, les partis politiques et l’ensemble des acteurs nationaux sont également appelés à cesser toute posture de soumission ou de résignation, et à prendre pleinement la mesure de la gravité de la situation que traverse le pays.
