Face à la désolation laissée par les récents incendies dévastateurs à Tizi-Gheniff, dans la wilaya de Tizi-Ouzou, l’élan de solidarité citoyenne prend une dimension environnementale inédite.
Alors que les secours d’urgence continuent d’affluer vers les populations sinistrées, une initiative remarquable vient réconforter un autre maillon essentiel du territoire : la faune sauvage. Portée par l’association des chasseurs « Ouarchen Djurdjura », cette opération vise à restaurer l’écosystème brisé de la région du Djurdjura.
Un paysage de cendres sur les hauteurs de Meddah et Beggas
Les ravages causés par les brasiers des 28 et 29 août sont colossaux. Sur les hauteurs de Tizi-Gheniff, le long de la route stratégique menant vers Kadiria dans la wilaya de Bouira, des centaines d’hectares de boisés à Meddah et Beggas ont été réduits en cendres. Ce décor verdoyant, qui offrait autrefois un paysage magnifique aux usagers de cet axe inter-wilayas, n’est plus qu’un panorama lugubre.
Au-delà des pertes matérielles subies par les habitants, le bilan écologique est lourd. Privés de leur habitat naturel, piégés par la rapidité des flammes, de nombreux animaux sauvages et oiseaux ont péri. Pour les spécimens ayant survécu à la catastrophe, la sécheresse persistante de ce début de mois de septembre rend la quête de nourriture et d’eau quotidienne quasi impossible.



Une action d’urgence sur le terrain : Graines et points d’eau pour la biodiversité
Pour répondre à cette urgence environnementale, l’association des chasseurs « Ouarchen Djurdjura » a pris la tête d’une expédition de sauvegarde. Organisée sous l’impulsion de la Conservation forestière et en étroite collaboration avec :
- Le secteur des forêts de Draâ El Mizan ;
- La Direction de la jeunesse et des sports (DJS) ;
- Les équipes de la salle polyvalente de Tizi-Gheniff.
Pendant toute une journée, les bénévoles ont sillonné les maquis dévastés pour distribuer des sacs de graines sur le sol brûlé. L’objectif est direct : apporter une ressource alimentaire immédiate aux espèces animales privées de couvert végétal.
En parallèle, pour contrer les effets du thermomètre élevé en cette période d’été indien, les équipes ont aménagé et installé cinq points d’eau permanents. Ces abreuvoirs permettent aux oiseaux et aux petits mammifères de s’abreuver et de résister aux conditions climatiques extrêmes.
Du secours humain à la protection animale : La parole aux bénévoles
Cette démarche s’inscrit dans le prolongement naturel de l’aide humanitaire déployée au lendemain des tragédies. Après avoir collecté des vivres, de la literie, des couvertures et des médicaments pour les familles sinistrées, les membres de l’association ont mesuré l’urgence de protéger les survivants de la forêt.
« Beaucoup d’espèces ont déjà disparu avec le feu. Notre devoir aujourd’hui est de préserver à tout prix les animaux qui ont pu échapper à la catastrophe en leur apportant de quoi boire et manger », confie l’un des participants à l’opération.
Cap sur le reboisement : Redonner vie au massif de Beggas
Si ces actions d’urgence permettent de maintenir la faune en vie à court terme, la renaissance complète du massif forestier partagé entre Tizi-Ouzou et Bouira nécessitera un effort à plus long terme.
Dès que les conditions météorologiques et environnementales le permettront, de vastes campagnes de reboisement seront planifiées. L’objectif sera de replanter des essences locales adaptées pour restaurer la biodiversité, stabiliser les sols et redonner à la région de Tizi-Gheniff son écrin naturel d’antan.
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