L’entrée en vigueur des nouvelles dispositions réglementaires liées à la sécurité routière en Algérie, a provoqué une onde de choc inattendue sur le marché des équipements automobiles.
Alors que le nouveau code de la route impose désormais la présence stricte d’un pack de sécurité complet à bord de chaque véhicule, une conséquence directe et imprévue frappe de plein fouet le portefeuille des citoyens : le prix des extincteurs en Algérie connaît une hausse vertigineuse. Entre rareté soudaine, spéculation agressive et urgence d’achat, enquête sur un marché devenu incontrôlable.
Le code de la coute déclenche une demande massive
Pour comprendre cette flambée des prix, il faut se tourner vers les récentes exigences légales. Le nouveau code de la route rend obligatoire la détention d’un pack de sécurité comprenant trois éléments essentiels : un gilet fluorescent, un triangle de signalisation et, surtout, un extincteur.
L’absence d’un seul de ces équipements lors d’un contrôle routier expose désormais l’automobiliste à une amende forfaitaire de 4 000 dinars algériens. Face à la menace de cette sanction financière, les conducteurs se sont rués vers les magasins spécialisés et les revendeurs de pièces détachées, créant un déséquilibre immédiat entre l’offre et la demande. Si l’initiative est saluée pour son apport incontestable à la sécurité routière, ses répercussions économiques sur le terrain dessinent une tout autre réalité.
Un prix multiplié par cinq en quelques jours
La conséquence de cet engouement forcé ne s’est pas fait attendre. En l’espace de quelques semaines, le prix des extincteurs pour voiture a été multiplié de façon exponentielle. Alors que cet équipement indispensable se négociait auparavant autour de 2 000 dinars l’unité, il est aujourd’hui proposé à des tarifs exorbitants pouvant atteindre les 10 000 dinars.
Les vendeurs et certains intermédiaires opportunistes ont profité de la rareté du produit pour quadrupler, voire quintupler leurs marges. Les témoignages d’automobilistes font état d’une véritable pénurie organisée, où la vente d’extincteurs rappelle les heures sombres des crises de produits alimentaires : les transactions se font désormais « sous le manteau », alimentant un marché noir aussi lucratif qu’illégal. À titre de comparaison, les deux autres éléments du pack de sécurité (le gilet et le triangle) restent disponibles et se vendent conjointement entre 3 000 et 4 000 dinars.
Encore colère et spéculation
Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, les spéculateurs sont actuellement à l’affût de la moindre rupture de stock pour faire grimper les enchères. Face à ce diktat des prix, la grogne monte sur les réseaux sociaux et au sein de la société civile.
De nombreux internautes et associations de protection des consommateurs interpellent directement les hautes autorités de l’État. Leur revendication est claire : ils exigent que ces « spéculateurs de la sécurité » soient soumis aux mêmes sanctions pénales que celles appliquées aux accapareurs de produits de large consommation.
Pour rappel, la loi algérienne prévoit des peines extrêmement lourdes allant de 7 à 10 ans de prison pour les auteurs de spéculation illicite. Une application stricte de cette loi sur le marché des équipements automobiles pourrait rapidement dissuader les revendeurs véreux.
Pour une application graduelle et sensibilisée
Si personne ne remet en cause le bien-fondé de cette décision gouvernementale—qui reste garante de la protection des usagers de la route—, les modalités de son application font débat. Les citoyens appellent les forces de l’ordre et les autorités de régulation à privilégier, dans un premier temps, une campagne de sensibilisation.
Les automobilistes plaident pour un délai de grâce qui permettrait au marché de se stabiliser et d’assurer une disponibilité nationale de l’équipement à son juste prix. Cette clémence temporaire est d’autant plus réclamée que cette obligation légale coïncide avec une période financièrement critique : la rentrée scolaire. Les chefs de famille, déjà contraints par les dépenses liées à la scolarisation de leurs enfants, se retrouvent pris en étau entre l’obligation de s’équiper, la hausse généralisée du coût de la vie et la menace d’une amende de 4 000 dinars.
En définitive, la régulation du prix des extincteurs en Algérie est devenue un enjeu immédiat. Il appartient désormais aux instances de contrôle du commerce de sévir contre les abus, afin de permettre aux citoyens de se conformer à la loi sans avoir à subir une saignée financière injustifiée. La sécurité routière n’a pas de prix, mais elle ne doit pas pour autant devenir un luxe inabordable.
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