Malgré les directives officielles interdisant l’abattage des canidés, de nombreuses communes de la wilaya de Tizi-Ouzou, y compris le chef-lieu, font face à une insécurité grandissante.
Ainsi, la question de l’abattage de chiens errants met en lumière le dilemme des pouvoirs publics : concilier entre la protection animale et santé publique. À ce propos, le débat s’intensifie alors qu’aucune alternative concrète ne semble émerger.
Un sentiment d’insécurité pesant
En effet, le paradoxe est frappant. D’un côté, les défenseurs des animaux et les directives du ministère de l’Intérieur appellent à la fin de l’abattage systématique. De l’autre, la réalité du terrain impose un constat alarmant : des meutes de chiens errants envahissent l’espace public, menaçant la sécurité des citoyens.Si le phénomène touchait autrefois principalement les zones rurales, il s’est désormais déplacé au cœur des centres urbains. Même le chef-lieu de wilaya, et son célèbre quartier de « la Petite Suisse », n’est plus épargné. Sur les réseaux sociaux, les images de canidés occupant les places publiques aux premières heures de l’aube ou à la tombée de la nuit suscitent l’effroi des passants.
L’abattage : une pratique qui persiste faute d’alternatives
Bien qu’une note officielle demande de surseoir à l’usage des armes à feu, la réalité des soixante-sept municipalités de la wilaya est tout autre. En parcourant les pages officielles des communes, on constate que l’abattage reste, pour beaucoup de responsables locaux, le seul recours face à l’urgence. « Auparavant, nous utilisions l’empoisonnement. Mais suite aux plaintes concernant les risques pour les autres animaux et l’environnement, nous sommes revenus à l’arme à feu. Ce n’est pas la solution idéale, mais le phénomène nous dépasse », confie un responsable d’un Bureau d’Hygiène Communal (BHC).
Risques sanitaires et danger de la rage
Au-delà de la peur physique, c’est un enjeu de santé publique majeur qui se joue. Les chiens errants sont les principaux vecteurs de virus mortels, notamment la rage. La prolifération incontrôlée de ces animaux à proximité des habitations et des décharges augmente exponentiellement les risques de morsures et de transmission de maladies zoonotiques.
Quelles solutions pour une gestion humaine du phénomène ?
Pour sortir de cette impasse sanglante, plusieurs pistes sont évoquées par les citoyens et les experts :
1. Création de fourrières canines : S’inspirer des modèles étrangers où les animaux sont capturés, parqués et soignés au lieu d’être éliminés.
2. Responsabilisation des propriétaires : Durcir la législation contre l’abandon d’animaux domestiques sur la voie publique.
3. Campagnes de stérilisation : Une méthode plus « clémente » et efficace sur le long terme pour stabiliser la population canine.
Un appel au civisme
La solution ne repose pas uniquement sur les épaules des autorités. Le civisme des citoyens est pointé du doigt : posséder un animal implique de le tenir en laisse, de veiller à sa vaccination et, surtout, de ne pas l’abandonner. La lutte contre cette « pollution » de l’environnement immédiat est une responsabilité partagée pour garantir la sécurité de tous.
