En dépit d’un contexte politique et diplomatique tendu entre la France et l’Algérie, le volet économique tente de résister au climat de tension qui caractérise les relations entre les deux rives de la Méditerranée.
Ainsi, depuis vendredi dernier, une mission stratégique du Mouvement des entreprises de France ( patronat français), conduite par son président Patrick Martin, se trouve en Algérie, afin de tenter de relancer la dynamique économique entre les deux, fortement impactée par les tensions diplomatiques.
Même si aucune information n’a filtré sur les discussions avec le patronat algérien, incarné par Conseil du renouveau économique algérien (CREA), ce dernier, vient de rendre public, un communiqué dans lequel, il mentionne clairement une « phase de relance » des relations économiques entre Alger et Paris.
Le pragmatisme économique prime sur les tensions diplomatiques
En effet, dans ledit document, il est indiqué que l’Algérie et la France choisissent la voie du «pragmatisme économique». Kamel Moula (CREA) et Patrick Martin (MEDEF), veulent clairement poser les jalons d’un partenariat renouvelé, axé sur la co-innovation et la souveraineté partagée. Les deux organismes patronales, ont affirmé leur «volonté commune» d’intensifier leurs échanges. L’objectif est clair : restaurer la confiance et bâtir des perspectives de croissance communes en structurant un dialogue direct entre les chefs d’entreprise des deux rives.
Le rôle central des entreprises et de la co-production
En outre, le communiqué du CREA, souligne explicitement que le partenariat franco-algérien ne se limite plus à de simples échanges commerciaux ; il s’ancre désormais dans «la réalité du terrain». L’organisation patronale présidée par M.Kamel Moula, note également que des centaines d’entreprises françaises collaborent déjà étroitement avec des partenaires locaux. Ce dynamisme se traduit par :
• La création d’emplois locaux et de richesse durable.
• Le développement de joint-ventures (projets communs) favorisant le transfert de savoir-faire
• Une approche pragmatique axée sur l’innovation et la résolution de défis concrets
« Les entreprises sont le moteur naturel de ce rapprochement. Elles transforment les intentions politiques en réalités économiques tangibles », soulignent les deux organisations.
La complémentarité : Atout maître du bassin méditerranéen
La force de cette alliance réside dans la fusion de ressources complémentaires. D’un côté, l’Algérie dispose d’une jeunesse dynamique, de compétences montantes et de ressources naturelles abondantes. De l’autre, la France apporte son expertise technologique et industrielle.
Situés au carrefour de l’Europe et de l’Afrique, les deux pays occupent une position géographique stratégique au cœur de la Méditerranée. Cette proximité est un levier majeur pour attirer de nouveaux investissements et transformer cette zone en un hub de production compétitif à l’échelle mondiale.
Un programme de travail immédiat
Enfin, loin des déclarations d’intention, cette rencontre débouche sur du concret. Les présidents du CREA et du MEDEF se sont engagés à élaborer, dans les plus brefs délais, un «programme de travail commun».
Cette feuille de route impliquera directement les entreprises des deux pays pour identifier des projets prioritaires et lever les freins à l’investissement. Il s’agit là d’un nouveau chapitre économique qui devrait permettre de replacer la relation Algérie-France, du moins sur le volet économique et commercial.
