Le patronat français incarné par le Mouvement des entreprises de France (MEDEF), est attendu en force en Algérie.
Ainsi, après plusieurs reports liés notamment à la crise diplomatique entre les deux pays, l’organisation patronale de l’Hexagone, est attendue à Alger ce jeudi 23 avril 2026.
La « patron des patrons » à la tête d’une importante délégation
En effet, selon des informations confirmées par plusieurs sources fiables, la délégation du Medef sera conduite par son président, Patrick Martin. Le média spécialisé La Lettre a été le premier à révéler le déplacement de l’organisation patronale française, qui vient « renouer avec son homologue local » après deux années de rupture des contacts institutionnels entre milieux d’affaires des deux rives.
Un programme dense attend la délégation française, avec des rencontres de haut rang prévues durant tout le séjour. Le point d’orgue de cette visite sera sans conteste la réunion de travail avec le Conseil du renouveau économique algérien (CREA), présidé par Kamel Moula.
Un «Conseil d’entreprises» France-Algérie au menu
Cette visite fait suite à la réunion du Conseil d’entreprises France-Algérie tenue à Paris le 17 février dernier. À cette occasion, le Medef avait qualifié l’Algérie de « partenaire économique majeur pour la France en Afrique du Nord », soulignant les perspectives considérables offertes par le marché algérien.
Parmi les secteurs stratégiques identifiés figurent :
• L’énergie et la transition énergétique
• Les infrastructures
• L’agro-industrie
• L’industrie manufacturière
• La santé
• La transition numérique et environnementale
Ces opportunités s’inscrivent dans un contexte marqué par les réformes économiques algériennes et la volonté affirmée de diversification de l’économie nationale, portée par les pouvoirs publics.
Un « frémissement » diplomatique en déclencheur
La visite du Medef intervient dans un climat de détente politique progressive entre Alger et Paris. Le déplacement à Alger, en février dernier, du ministre de l’Intérieur français Laurent Nuñez, reçu par le président Abdelmadjid Tebboune au siège de la présidence à El-Mouradia, avait ouvert la voie à un apaisement mesuré. Les déclarations positives du ministre français à l’issue de cette audience avaient constitué un signal fort.
De son côté, l’ancienne ministre Ségolène Royal, présidente de l’Association France-Algérie, avait annoncé fin janvier, lors de sa visite en Algérie, qu’elle comptait solliciter le président du Medef pour organiser cette mission. Elle avait précisé que Kamel Moula, président du CREA, était disposé à accueillir la délégation afin de rétablir les contacts rompus depuis deux ans.
Relancer la machine économique bilatérale
Du côté des entreprises françaises implantées en Algérie, l’espoir d’une relance est palpable. « Nous sommes bien partis pour la relance des relations économiques entre nos deux pays », déclarait en février dernier Michel Bisac, président de la Chambre de commerce et d’industrie algéro-française (CCIAF), en marge du Conseil d’entreprises France-Algérie organisé à Paris par Medef International.
Si le volet politique peine encore à se stabiliser — les attaques de l’extrême droite française freinant régulièrement les avancées diplomatiques —, le levier économique apparaît désormais comme la voie la plus prometteuse pour redonner de l’élan à la coopération bilatérale Algérie-France. La mission du Medef de ce jeudi pourrait ainsi constituer le déclic tant attendu par les opérateurs économiques des deux pays.
