On peut désormais le dire : l’Algérie ne connaîtra pas une situation de stress hydrique durant la saison estivale 2026.
Ainsi, la situation hydraulique en Algérie connaît un redressement sensible, porté par des épisodes pluvieux soutenus qui ont touché l’ensemble du territoire national.
Près de 72% de taux remplissage
En effet, M.Abdelatif Aziz, directeur général de l’ANBT, a communiqué les derniers chiffres sur les ondes de la télévision algérienne : le taux de remplissage national a progressé à près de 72%, contre seulement 45 % à la même période en 2025. Il a qualifié cette évolution d’amélioration substantielle, en précisant qu’elle aura des répercussions directes et positives sur l’alimentation en eau potable des populations. Il s’est également montré confiant quant à la réussite de la saison agricole en cours, en lien étroit avec le ministère de l’Agriculture. Sur le plan des capacités nationales de stockage, le directeur général a fait état d’un parc hydraulique estimé à 8,6 milliards de m³, avec un taux d’envasement évalué à 11 % du volume global.
Le volume de stockage double en trois mois
La capacité effective de stockage s’élève à 5 milliards de m³, un niveau jugé très satisfaisant au regard des exercices précédents. En janvier dernier, il était de seulement 2.2 milliards de de m³. M. Aziz a également exprimé son optimisme pour la suite, indiquant que de nouvelles pluies attendues pourraient permettre d’atteindre un taux de remplissage avoisinant les 80 %, comblant ainsi le déficit accumulé. Cette relance hydrique, conjuguée à la régularité des précipitations, offre de réelles perspectives d’amélioration durable pour les secteurs de l’eau potable et de l’agriculture sur l’ensemble du pays.
le barrage de Taksebt en exemple
Par ailleurs, l’un des indicateurs les plus parlants de cette évolution est le barrage de Taksebt, en wilaya de Tizi Ouzou, dont le taux de remplissage avoisine désormais les 86 %, correspondant à un volume emmagasiné d’environ 145 millions de mètres cubes. Ce chiffre tranche nettement avec les niveaux de l’automne dernier, où les stocks ne dépassaient guère 20 à 25 millions de m³. La situation se rapproche ainsi de celle enregistrée avant 2023, avec des perspectives encore favorables pour les prochaines semaines.
Le transfert continu des eaux de l’oued Sebaou vers Taksebt, via des canalisations et stations de pompage, a également profité à plusieurs petites retenues de la région. Dans la wilaya de Boumerdès, le barrage de Hamrouna, à vocation essentiellement agricole, affiche un niveau de remplissage très élevé, voire complet, selon l’Agence nationale des barrages et transferts (ANBT). Le barrage de Beni Amrane, établi sur l’oued Isser, a lui aussi atteint sa pleine capacité, soit environ 8 millions de m³, son surplus étant orienté vers le barrage de Keddara, qui enregistre à son tour une montée progressive.
S’agissant du barrage de Koudiat Acerdoune, la progression est quotidienne et régulière. La cuvette, totalement asséchée en début janvier, reçoit aujourd’hui un apport hydrique permanent. Les estimations évoquent un volume stocké supérieur à 70 millions de m³, confirmé par des images de terrain attestant d’une dynamique positive généralisée à l’échelle nationale.
Des alternatives durables en cours d’étude
L’ANBT indique par ailleurs que de nombreux ouvrages ont atteint leur capacité maximale, une situation particulièrement marquante dans les wilayas de l’Ouest, longtemps frappées par une sécheresse persistante.
C’est notamment le cas du barrage de Brézina, en wilaya d’El Bayadh, qui a non seulement atteint son seuil maximal, mais a également débordé à un débit estimé à 85 m³ par seconde. Un phénomène comparable a été constaté au barrage d’Oued Taria, dans la wilaya de Mascara, ainsi qu’à l’Est du pays, dans la wilaya de Jijel.
En marge des progrès enregistrés au niveau des barrages, des études sont menées en parallèle pour diversifier et pérenniser les sources d’eau destinées à l’irrigation. L’élargissement du recours aux eaux usées traitées pour arroser les superficies agricoles s’impose désormais non plus comme une option marginale, mais comme une nécessité structurelle visant à optimiser l’exploitation des ressources en eau et à alléger la pression exercée sur les barrages et les nappes souterraines.
