Est-ce la fin du “passe-droits” et des “tractations de couloir” ? En tout cas pour ce prochain sacrifice, la technologie s’invite dans les bergeries : chaque mouton importé portera désormais son identité numérique à l’oreille…
Ainsi, l’image a de quoi surprendre, mais elle marque l’entrée de la tradition dans l’ère de la data. À l’approche de l’Aïd el-Adha 2026, l’Organisation algérienne de protection et d’orientation du consommateur (APOCE) vient de lever le voile sur un dispositif qui promet de passer un coup de balai sur les pratiques opaques de distribution. Son nom de code ? Le QR Code.
L’oreille numérique : une bague contre la corruption
Désormais, dès qu’un mouton foule le sol national, son destin est scellé par une bague d’identification fixée à l’oreille. Ce n’est plus un simple numéro, mais un véritable sésame numérique.
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Selon les données techniques transmises par l’APOCE, ce mécanisme est activé durant la phase de la quarantaine sanitaire. L’objectif est limpide : verrouiller le parcours de l’animal. Chaque bête est enregistrée dans une base de données centralisée, permettant un suivi en temps réel de son itinéraire, depuis le port de débarquement jusqu’au point de vente agréé.
Est-ce la fin de la “maarifa” ?
Pourquoi un tel arsenal technologique ? Pour répondre à une exaspération citoyenne devenue chronique. En intégrant chaque ovin à une plateforme numérique officielle, les autorités entendent couper l’herbe sous le pied aux intermédiaires véreux. « L’intégration de ces informations rend difficile toute tentative de substitution ou de détournement », souligne l’organisation.
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En clair, ce système vise à éradiquer deux fléaux bien connus :
● La faveur personnelle : Empêcher que les plus belles bêtes ne soient réservées « sous le manteau »
● La substitution : Garantir que le mouton que vous achetez est bien celui qui a passé les contrôles sanitaires rigoureux.
Un accès équitable aux moutons importés
Pour l’APOCE, l’enjeu dépasse la simple logistique ; il est éthique. En garantissant une traçabilité sans faille, l’État s’assure que chaque citoyen, quel que soit son réseau ou son portefeuille, ait un accès équitable aux animaux destinés au sacrifice.
Dans une période où la pression sur les prix et la disponibilité des bêtes cristallise les tensions, le QR code se pose en juge de paix. Reste désormais à voir si cette « transparence numérique » suffira à apaiser un marché souvent fébrile à l’approche de la fête. Une chose est sûre : en 2026, le mouton de l’Aïd sera connecté !
