La classe politique nationale, du moins, une certaine partie, celle se revendiquant du « camp démocrate » est en émoi suite aux menaces de dissolution qui pèsent sur le syndicat du Cnapeste.
Ainsi, c’est une véritable « levée de bouclier » qui s’est organisée depuis ce samedi 18 avril 2026, où plusieurs formations politiques, notamment le RCD, le FFS le Parti des Travailleurs (PT), ont fait part de leur « inquiétude » quant aux pratiques « liberticides » qui affecteraient selon eux, le champ syndical en Algérie. La formation politique de Jil Jadid n’est pas en reste dans cette vague d’indignation, puisque ce parti, dirigé par le Dr Lakhdar Amokrane, vient de s’exprimer publiquement sur cette affaire.
Une « ligne rouge » à ne pas franchir
En effet, Jil Jadid dit condamner «avec la plus grande fermeté», ce qu’elle considère comme étant une «offensive» contre le Cnapeste, dont les développements récents marquent selon ce parti, un tournant particulièrement préoccupant. « Ce qui se joue aujourd’hui dépasse largement le cadre d’un contentieux administratif ou judiciaire : il s’agit d’une mise sous pression systématique d’une organisation syndicale structurée, crédible et représentative, allant jusqu’à une tentative manifeste de dissolution — une ligne rouge qui ne peut être franchie sans porter atteinte aux fondements mêmes de l’État de droit», s’alarme Jil Jadid dans un communiqué transmis à la rédaction de JUST-INFODZ.
Pour ce parti politique, le «ciblage» du coordinateur national, M. Boudiba Messaoud, soumis à des mesures de contrôle judiciaire contraignantes, à des déplacements imposés et à «une tentative de mise à la retraite forcée», illustre selon Jil Jadid, une «volonté manifeste» d’affaiblir, voire de «neutraliser une voix syndicale indépendante».
Jil Jadid dénonce une «instrumentalisation» de la Justice
Par ailleurs, Jil Jadid considère que l’«instrumentalisation de la justice» à des fins de régulation politique constituerait une «dérive grave». «Nous le rappelons avec force : les syndicats ne sont ni des adversaires ni des menaces. Ils sont des acteurs essentiels de l’équilibre social. Les affaiblir, c’est prendre le risque de déplacer les tensions hors des cadres organisés, avec toutes les conséquences que cela implique», souligne le parti de Lakhdar Amokrane. Dans ce sens, Jil Jadid indique que le maintien de «lois restrictives» encadrant l’activité syndicale et le droit de grève apparaît comme «un levier supplémentaire de verrouillage», en contradiction avec la Constitution et les engagements internationaux de l’Algérie.
Privilégier le dialogue
Enfin, face à cette situation, Jil Jadid :
• –exige l’arrêt immédiat de toutes les poursuites et mesures visant le Cnapeste et ses responsables ;
• -appelle au respect strict et effectif de la liberté syndicale ;
• -demande une révision en profondeur du cadre légal régissant l’action syndicale ;
• -invite les pouvoirs publics à privilégier le dialogue plutôt que la contrainte.
Selon ce parti, au-delà du cas du Cnapeste, c’est la question de la place des contre-pouvoirs et des espaces autonomes dans notre pays qui est posée. «Toute tentative de les réduire ne peut que fragiliser davantage la cohésion nationale», fait-il remarquer, tout indiquant qu’il demeure «mobilisé» pour défendre les libertés fondamentales et «refuser toute banalisation» des atteintes à l’expression organisée de la société.
