Le détroit d’Ormuz, voie maritime stratégique au cœur des tensions au Moyen-Orient, connaît une réouverture partielle après l’annonce d’un cessez-le-feu au Liban.
Ainsi, ce vendredi 17 avril 2026, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghtchi, a déclaré via Telegram que la liberté de circulation y était rétablie « pendant la période restante du cessez-le-feu », sans préciser s’il s’agit de la trêve israélo-Hezbollah au Liban ou de l’accord américano-iranien expirant théoriquement le 22 avril.
La navigation commerciale reprendra selon « l’itinéraire coordonné et préalablement annoncé par l’Organisation des ports et des affaires maritimes d’Iran ».
Un pétrolier sud-coréen franchit la mer Rouge pour la première fois depuis le blocus
En effet, signe concret de cette réouverture, un pétrolier sud-coréen a traversé la mer Rouge, une première depuis la fermeture du détroit. Séoul, qui dépend largement des importations d’hydrocarbures, cherche à sécuriser ses approvisionnements depuis que les frappes américano-israéliennes contre l’Iran fin février ont entraîné la fermeture de l’accès au détroit, renforcée depuis lundi par un blocus américain sur les navires en provenance ou à destination des ports iraniens.
Macron, Meloni, Starmer : les dirigeants européens réclament une «réouverture totale et immédiate»
À l’issue d’une réunion d’urgence sur la sécurisation du détroit d’Ormuz, les dirigeants occidentaux ont exprimé une position commune mais prudente.
Emmanuel Macron a salué les cessez-le-feu tout en appelant à « la prudence », rappelant que « cette réouverture est conditionnée à une route coordonnée et que les États-Unis ont indiqué qu’ils maintenaient leur blocus ». Le président français a réclamé « la pleine réouverture immédiate et inconditionnelle du détroit d’Ormuz ainsi que la restauration des conditions de libre passage en vigueur avant la guerre ».
La première ministre italienne Giorgia Meloni a, quant à elle, souligné que « la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz est tout à fait fondamentale pour l’Italie, pour l’Europe et pour la communauté internationale tout entière ».
Mission multinationale : le Royaume-Uni et la France prennent la tête des opérations
Le premier ministre britannique Keir Starmer a annoncé qu’une réunion se tiendrait à Londres la semaine prochaine pour lancer une mission multinationale défensive destinée à protéger la liberté de navigation. Il a appelé à une réouverture « immédiate, sans péages ni restrictions au droit de passage ».
Starmer a articulé trois priorités :
• Réouverture complète du détroit, sans conditions ;
• Gestion du choc économique : sécurité énergétique, alimentaire et relance du transport maritime ;
• Accélération de la planification militaire dans un cadre « strictement pacifique et défensif ».
La France et le Royaume-Uni co-dirigeront cette mission multinationale dont les travaux débuteront à Londres dans les prochains jours.
