Le tribunal de Bir Mourad Raïs a prononcé ce lundi un verdict d’une sévérité rare dans l’affaire du drapeau national profané lors d’une soirée d’influenceurs dans un hôtel de luxe de la capitale.
Ainsi, les deux mis en cause ont écopé de 7 ans de prison ferme, une peine inférieure aux 10 ans requis par le parquet, mais qui témoigne de la gravité avec laquelle la justice algérienne entend punir toute atteinte aux symboles de l’État.
Sept ans ferme : le tribunal sanctionne la profanation de l’emblème national
Les deux prévenus, Abderrahmane K., influenceur et dirigeant de l’agence de communication Skytok — organisatrice de la soirée —, et Ahmed S., employé d’une entreprise d’impression ayant conçu et fabriqué le support litigieux, ont été placés immédiatement sous mandat de dépôt à l’issue de l’audience.
Le parquet avait requis dix ans de prison ferme, estimant que leur responsabilité était pleinement engagée. Pour le ministère public, le choix délibéré d’imprimer l’effigie du drapeau national sur un support posé à même le sol — exposant inévitablement l’emblème au piétinement des convives — constitue une profanation caractérisée, largement au-delà d’une simple négligence. Le code pénal algérien réprime sévèrement toute atteinte aux symboles de l’État et de la Révolution.
Les faits : une soirée d’influenceurs TikTok au cœur du scandale
Les faits remontent à la nuit du 5 juin, lors d’un événement réunissant des influenceurs et créateurs de contenus TikTok organisé à l’hôtel The Legacy Luxury, dans le quartier huppé de Hydra, à Alger. Un immense drapeau national portant l’inscription « Gloire à nos martyrs » avait été étalé à même le sol de l’établissement. Des participants ont été filmés en train de marcher dessus, des images qui ont immédiatement déclenché une vague d’indignation nationale.
Tollé sur les réseaux sociaux : la vidéo embrase l’opinion publique
La diffusion massive de la vidéo sur les plateformes numériques a suscité un torrent de réactions. Les internautes algériens, profondément attachés aux symboles de la guerre de libération nationale et aux sacrifices des martyrs, ont exprimé une colère unanime. Face à l’ampleur du scandale, la justice s’est saisie de l’affaire de manière expéditive, conduisant rapidement à l’interpellation des deux suspects.
L’hôtel The Legacy Luxury fermé définitivement
Les conséquences de l’affaire ne se sont pas limitées au seul volet judiciaire. Dès la propagation de la vidéo, le ministère du Tourisme et de l’Artisanat a dépêché une commission d’enquête sur place. Les conclusions ont conduit la ministre Houria Meddahi à une décision radicale : fermeture définitive de l’établissement et retrait immédiat de sa licence d’exploitation.
Dans un communiqué officiel, le ministère a réaffirmé son refus de tolérer « tout comportement ou agissement de nature à porter atteinte aux symboles de l’État », insistant sur le respect strict des obligations légales et de l’éthique professionnelle imposées aux établissements hôteliers algériens.
